Exhibition sexuelle : l'artiste Déborah de Robertis relaxée

Par @Culturebox
Mis à jour le 01/02/2017 à 15H14, publié le 31/01/2017 à 13H56
Déborah Robertisb

Déborah Robertisb

© Capture d'écran (France 3)

L'artiste franco-luxembourgeoise Déborah de Robertis, poursuivie pour exhibition sexuelle après des "performances" dans deux musées où elle apparaissait en partie dénudée, a été relaxée mercredi, le tribunal estimant qu'il n'y avait "pas d'éléments suffisant pour caractériser l'exhibition".

La présidente du tribunal correctionnel de Paris a jugé, "qu'en l'état actuel des moeurs en France (...), le geste de l'artiste n'était pas constitutif d'une exhibition" et qu'il n'y avait "simplement pas d'éléments suffisant pour caractériser l'exhibition". L'artiste, qui s'est déclarée "satisfaite " de la décision, a accueilli le jugement avec un certain détachement, mâchouillant son chewing-gum.

"Une décision qui fait honneur à la justice"

Son avocat, Me Tewfik Bouzenoune, s'est réjoui de la relaxe de sa cliente. "C'est une super décision qui fait honneur à la justice sur la manière de juger les artistes". Il a par ailleurs estimé que le texte sanctionnant l'exhibition sexuelle était "imprécis". "Comment peut-on définir un 'état de nudité' ? C'est beaucoup trop vague", a-t-il dit.
Déborah de Robertis était apparue en partie dénudée lors de deux expositions : au Musée des arts décoratifs de Paris lors d'une exposition consacrée à la poupée Barbie et à la Maison européenne de la photographie. Le 18 septembre, l'artiste s'était rendue à l'exposition Barbie, perruque blonde sur la tête, dans une combinaison couleur chair qui laissait apparaître ses seins. En haut de ses cuisses, elle arborait une abondante toison pubienne factice.

Le caractère "imposé de la performance vis à vis d'un public non averti"

A la barre du tribunal, Déborah de Robertis avait expliqué vouloir "montrer le corps d'une vraie femme", là où "Barbie n'a pas de tétons et pas de poils sur le sexe". Elle a rappelé l'omniprésence de la nudité dans l'art. La déclarer coupable serait à ses yeux "se tromper d'objet" et "mettre sur le même plan un geste mortifère", l'exhibition sexuelle, et un "geste de vie", sa performance.

Si la magistrate du parquet avait admis la différence de contexte entre le geste de l'artiste et une exhibition sexuelle classique, elle avait également souligné le caractère "imposé" de la performance, vis-à-vis d'un public non averti. En 2014, l'artiste, avait déjà fait l'objet d'un rappel à la loi pour s'être mise en scène devant "L'Origine du monde" de Gustave Courbet, célèbre tableau représentant un sexe de femme, dans la même posture de jambes écartées.