Attentat suicide meurtrier contre le centre culturel français de Kaboul

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 11/12/2014 à 17H50
Les forces de l'ordre afghanes devant le centre culturel français de Kaboul, après l'attentat du 11 décembre 2014

Les forces de l'ordre afghanes devant le centre culturel français de Kaboul, après l'attentat du 11 décembre 2014

© Massoud Hossaini/AP/SIPA

Deux attentats suicide, dont un contre l'emblématique centre culturel français de Kaboul , ont fait au moins sept morts et une trentaine de blessés jeudi dans la capitale afghane, où les attaques se multiplient à l'approche du retrait de l'Otan.

Un kamikaze s'est fait exploser en fin d'après-midi près d'une foule qui assistait à une pièce de théâtre au centre culturel, installé dans le complexe du lycée franco-afghan Esteqlal, l'une des écoles les plus connues et réputées du pays.

Le lieu symbole de la coopération culturelle franco-afghane, situé dans le centre de la capitale et tout près du palais présidentiel, avait été récemment refait à neuf par la France. L'attaque, dont le mode opératoire est celui souvent employé par les rebelles talibans, n'était pas revendiquée en début de soirée.

Les premiers bilans donnés dans la soirée faisaient état d'un mort et de 15 à 20 blessés, en partie légers, selon le ministère de l'Intérieur et la police de Kaboul , qui n'ont pas précisé leurs nationalités. L'assaillant, un adolescent de 15 à 17 ans, était rentré en dissimulant les explosifs sous ses habits, selon la police.

Un sanctuaire français
L'explosion a rempli l'auditorium de fumée et provoqué une évacuation en urgence des spectateurs au milieu des débris de verre et autres, selon des témoins. La zone a rapidement été bouclée par les forces de l'ordre locales.

Financé par Paris, le lycée Esteqlal a appris le français à plusieurs générations d'Afghans, dont le plus célèbre fut le héros de la résistance contre les Soviétiques Ahmad Shah Massoud.

Inauguré en 1970, le centre culturel avait fermé ses portes entre 1983 et 2002 en raison des divers conflits qui ont agité le pays, avant de rouvrir en 2003 après la chute des talibans, permettant à la France de relancer son action culturelle dans le pays.

Le bâtiment avait été récemment réhabilité par la France, qui avait inauguré sa médiathèque et son auditorium flambant neufs  en  2010. La France avait également auparavant rénové les lycées franco-afghan Esteqlal (garçons) et Malalaï (filles).

Kaboul  avait été secouée plus tôt dans la journée par un autre attentat suicide, qui a visé un autobus militaire et tué six soldats dans un quartier excentré, selon les autorités, qui ont également fait état d'une dizaine d'autres soldats blessés.