Art Basel : la foire d'art contemporain de Bâle ouvre ses portes

Par @Culturebox
Mis à jour le 14/06/2017 à 19H28, publié le 14/06/2017 à 18H29
Un couple contemple le "Monochrome Yellow" (2017) de l'artiste britannique Anish Kapoor avant l'ouverture au public de l'Art Basel de Bâle. 

Un couple contemple le "Monochrome Yellow" (2017) de l'artiste britannique Anish Kapoor avant l'ouverture au public de l'Art Basel de Bâle. 

© Fabrice COFFRINI / AFP

4000 artistes et pas moins de 291 galeristes seront présent à Bâle, en Suisse, pour l'ouverture au public de la grande foire internationale d'art contemporain Art Basel, le 15 juin.

"L'ambiance est très, très solide. Il y a de grands collectionneurs ici. De grandes oeuvres d'art. Il y a une véritable énergie", a déclaré Marc Spiegeler, le directeur de la foire, alors que les marchands d'art accueillaient le matin même leurs premiers clients. 

"Le marché de l'art n'est pas isolé de l'économie"

"Je pense que les choses sont plus dures pour les galeries au quotidien", a-t-il toutefois reconnu. "Le marché de l'art n'est pas isolé de l'économie dans son ensemble", a-t-il concédé, tout en insistant sur le fait que les pièces de grande qualité continuaient à trouver preneur.  "Ce type d'oeuvres a très bien démarré et la semaine devrait être très bonne", a-t-il espéré. 

En 2016, le marché de l'art pesait quelque 56,6 milliards de dollars (50,5 milliards d'euros), soit une baisse de -11% par rapport à l'année précédente, elle-même déjà en repli, selon une étude par les organisateurs de la foire avec la banque suisse UBS. Malgré un trou d'air aux lendemains de la crise financière de 2007-2009, les investissements dans l'art avaient connu une forte expansion alors que les riches collectionneurs étaient en quête d'alternatives pour placer leur argent.

Le marché de l'art avait touché un sommet en 2014, à 68,2 milliards, avant que les incertitudes économiques et géopolitiques ne viennent freiner l'enthousiasme des intervenants.

Une ambiance plutôt "positive"

Mardi, de nombreuses galeries se montraient cependant plutôt satisfaites de leurs premières ventes.  "L'intérêt a été dans l'ensemble plutôt bon dans la semaine qui a précédé notre arrivée ici", a expliqué Andreas Leventis, directeur associé de la galerie londonienne Lisson, qui présentait entre autres une installation de l'artiste américaine Susan Hiller. 

Marc Glimcher, le président de la galerie new-yorkaise Pace, qui avait apporté avec lui un rare exemplaire d'une série des piscines de David Hockney, jugeait pour sa part l'ambiance plutôt "positive", confiant qu'il avait déjà vendu beaucoup de pièces exposées sur le stand.

116 jets-privés attendus

Mardi 13 juin, 116 jets-privés étaient attendus à l'aéroport de Mulhouse-Bâle, soit 18 de plus que l'an passé pour cette journée qui marque véritablement le coup d'envoi de la foire, de nombreux collectionneurs profitant de cette escale pour mettre ensuite le cap sur la Biennale de Venise ou la Documenta de Cassel. 

Tous les marchands d'art ne voient pas forcément d'un mauvais oeil cette accalmie, après des années d'euphorie, à l'instar de Mathias Rastorfer, le directeur de la galerie Gmurzynska, qui présentait notamment des pièces de l'artiste français Fernand Léger. "Lorsque tout monte, on n'a pas besoin de beaucoup d'expertise. Tout monte", a-t-il pointé, notant que cette correction amène désormais les collectionneurs à se montrer plus "sélectifs". 

Le recul du marché de l'art l'an passé n'a pas été homogène. Si le produit des ventes dans les salles d'enchères a reculé de -26% à 22,1 milliards de dollars, les ventes dans les foires ont au contraire augmenté de 5% pour atteindre 13,3 milliards.  

Les ventes en ligne prennent de l'ampleur

Les ventes en ligne, un segment encore naissant, se sont elles accrues de 4%, pour atteindre 4,9 milliards de dollars, principalement sous l'impulsion des enchères sur la toile. "Instagram est en train de devenir un outil important", s'est pour sa part enthousiasmé Brett Gorvy, qui a vendu récemment par ce biais une toile de Jean-Michel Basquiat pour 24 millions de dollars.

Si de nombreux collectionneurs veulent toujours faire le déplacement dans les foires pour découvrir la pièce de leur choix, les achats sur les réseaux sociaux sont appelés à se multiplier, selon cet ancien directeur du département d'art contemporain de Christie's, qui s'est récemment associé à la galeriste suisse Dominique Levy pour créer sa propre officine. 

"Que vous soyez à Hong Kong ou en Amérique, lorsque vous voulez acheter quelque chose, cela vous donne instantanément un avantage", a-t-il fait valoir.