Abraham Poincheval très à l'aise, "comme un astronaute", dans son rocher

Par @Culturebox
Publié le 25/02/2017 à 16H47
Abraham Poincheval avant d'entrer dans son sarcophage en pierre, puis la pierre refermée sur lui, au Palais de Tokyo, Paris, 22 février 2017

Abraham Poincheval avant d'entrer dans son sarcophage en pierre, puis la pierre refermée sur lui, au Palais de Tokyo, Paris, 22 février 2017

© A gauche Christophe Petit Tesson / EPA / MaxPPP - A droite Sabine Glaubitz / dpa/ picture-alliance / MaxPPP

Il n'a plus guère la notion du temps mais savoure son "trip" dans la pierre : tout va bien pour Abraham Poincheval, l'artiste des performances extrêmes, enfermé depuis mercredi dans un rocher creusé juste à sa silhouette et installé au Palais de Tokyo à Paris.

"Je voyage sans bouger, comme un astronaute, un peu comme sur un radeau. Je ne me sens pas du tout oppressé, je suis très à l'aise, et en bonne connexion avec cette pierre", a raconté l'artiste vendredi soir à l'AFP.  Le performeur parle à travers la jointure de sa gangue de pierre, d'où lui  parvient l'écho assourdi des visiteurs du Palais de Tokyo où est posé ce roc de 12 tonnes.
 
Entré mercredi après-midi pour une semaine dans cet oeuf de pierre comme un sarcophage, dont les deux moitiés ont été scellées, Abraham Poincheval y est emprisonné en position assise, avec juste assez de place pour quelques mouvements très limités. Dans sa niche, un peu de nourriture et des boissons à portée de main, des livres, de quoi tenir un journal, un système de stockage des déchets et un dispositif d'ouverture d'urgence en cas de problème.

Il ne sait jamais s'il dort ou non

"Nous sommes déjà enfermés dans nos propre corps", avait résumé l'artiste juste avant d'entamer sa nouvelle aventure qui se terminera mercredi. "La chose la plus difficile est d'organiser son sommeil. Je ne sais jamais trop si je dors ou non, c'est très étrange. J'ai une certaine conscience du  temps par rapport à l'ouverture du musée, car j'entends des sons différents, mais aucune notion du jour et de la nuit", décrit l'artiste.
 
"Les repas je les prends quand j'ai envie, je me fais confiance. C'est très  succinct : des potages, des barres de céréales... pour l'instant tout se passe bien", dit Abraham Poincheval.
 
Le jour, des visiteurs fascinés parlent à son rocher, lui lisent des poèmes, lui racontent même leurs cauchemars, dit-il, ravi que "les gens aient la pierre en eux, la gardent dans leur cerveau".

Après son expérieuce dans la pierre, Abraham Poincheval va couver des oeufs

Mais la nuit, quand le musée désert redevient silencieux, c'est là que commence véritablement le voyage d'Abraham Poincheval. "A ce moment-là, j'ai l'impression de partir dans tous les sens. J'essaie  de l'exprimer par le langage, mais c'est compliqué car ce sont des flux qui circulent, on passe d'une sensation à une autre, c'est très complexe à mettre noir sur blanc", poursuit-il. Trouver les bons mots lui tient à coeur, car il veut prolonger cette expérience par un projet d'édition.
 
Après cette aventure immobile, cet habitué des happenings s'est lancé un nouveau défi : à partir du 29 mars il va couver une douzaine d'oeufs de poule jusqu'à leur éclosion. En tout 26 jours immobiles à tenir sous une cape rigide, le tout filmé 24 heures sur 24.
 
Abraham Poincheval a déjà passé une semaine sur une plate-forme à 20 m au-dessus du sol devant la Gare de  Lyon à Paris, traversé les Alpes-de-Haute-Provence en poussant un cylindre qui était à la fois un abri et un appareil photo. Il a aussi vécu deux semaines à l'intérieur d'un ours naturalisé et remonté le Rhône à bord d'une bouteille géante (6 m de long).

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