A Art Basel, l'art contemporain attire de plus en plus les investisseurs

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 18/06/2015 à 15H06
Ce Rothko ("Yellow, Orange, Yellow, Light Orange") est en vente pour 50 millions de dollars à Bâle auprès de la galerie Helly Ahmad (17 juin 2015)

Ce Rothko ("Yellow, Orange, Yellow, Light Orange") est en vente pour 50 millions de dollars à Bâle auprès de la galerie Helly Ahmad (17 juin 2015)

© Patrice Coffrini / AFP

"Dans ce monde des taux d'intérêt très faibles, les gens recherchent des valeurs solides et l'art devient de plus en plus une catégorie de valeur intéressante", souligne Jürg Zeltner, président de la division gestion patrimoine à la banque UBS.

L'UBS, première banque suisse et numéro 1 mondial de la gestion de fortune, est le sponsor depuis plusieurs années de cette manifestation, et a mis les petits plats dans les grands cette année en aménageant un somptueux salon privé pour ses clients collectionneurs, qui ont le privilège de siroter leur coupe de champagne, entourés d'une incroyable collection de 30 oeuvres du peintre Lucian Freud, à la valeur inestimable.
              
Basel Art, qui ouvre officiellement ses portes le 18 juin, après deux jours réservés à la presse et aux VIP, est considéré comme la plus importante foire internationale de l'art contemporain, drainant des acheteurs travaillant pour les musées ou amateurs éclairés et argentés venus voir les dernières tendances en matière d'art contemporain, que ce soit des tableaux, des sculptures,  des installations vidéos, ou des photographies.
              
Dans le salon VIP de l'UBS, le banquier Peter Dillon explique que la formation à l'art est "très importante" pour la banque. "Nous formons notre personnel à l'art, il doit pouvoir parler de l'art et de son marché avec les clients".

UBS a une collection de 30.000 oeuvres        

La banque UBS a une énorme collection comptant 30.000 pièces, où elle puise pour orner les bureaux de ses 850 immeubles dans le monde entier.
              
La banque vient aussi de lancer une application gratuite appelée Planet Art, visant à donner les clés de l'art contemporain et les dernières informations dans ce secteur.
              
Pour Marc Spiegler, directeur général d'Art Basel, il ne faut cependant pas acheter une oeuvre d'art dans un but spéculatif, mais parce qu'elle vous plaît.
 
L'acquéreur d'une des 15 versions de "Femmes d'Alger" de Picasso a fait cependant une très bonne affaire. En 1997, ce tableau a été acheté aux enchères pour 32 millions de dollars. En 2015, il revient sur le marché à New York et est adjugé 179 millions de dollars, soit presque 6 fois plus qu'en 1997.
              
Selon Marc Spiegler, le marché mondial de l'art est estimé à 51 milliards d'euros et la foire de Bâle n'en représente qu'une petite partie.

Un Rothko à 50 millions de dollars     

De même, une galeriste new-yorkaise, Bona Colonna Montagu, a déclaré à  l'AFP "ne pas être intéressée par la spéculation" et "refuser de vendre un tableau à quelqu'un que je ne connais pas, car je ne veux pas le retrouver dans une vente aux enchères six mois plus tard".
              
Parmi les pièces maîtresses en vente à Bâle figure un tableau de Mark Rothko présenté par la galerie Helly Nahmad. Peint en 1955, ce tableau, aux tons orangés et jaunes, affiche un prix de 50 millions de dollars.
              
La galerie le présente dans un salon en aparté, où les VIP peuvent l'admirer en toute tranquillité, et à l'abri des caméras interdites sur le stand.

Sur le même stand, on peut trouver aussi deux Picasso pour 12 et 15 millions de dollars, ainsi qu'une sculpture de Calder pour 6,5 millions de dollars.
              
Une galeriste parisienne, Natalie Seroussi, a déniché une oeuvre de Martial Raysse, ayant appartenu au couple présidentiel français Georges et Claude Pompidou, grands amateurs d'art contemporain. Ce tableau, intitulé "La France Orange" et peint en 1963, est proposé pour un million d'euros.

Une galeriste : toute motivation pour acheter est bonne        

Selon Natalie Seroussi, quelle que soit la motivation pour acheter une oeuvre d'art, "elle est bonne". "Une fois qu'on a le virus, il tient bon", a-t-elle affirmé.
              
Un virus qui pousse aussi un jeune artiste Julius von Bismarck, un descendant de l'homme politique allemand Otto von Bismarck, à tourner sans fin, dans une vasque en métal, où sont fixées une table et une chaise. Allongé ou assis sur un matelas, il consulte ses mails, complètement indifférent à la foule qui l'entoure et l'observe. Son installation s'appelle "système égocentrique" et est "un acte  symbolique" représentant le monde égocentrique qui tourne sur lui-même.
              
Julius von Bismarck est l'un des artistes présents dans la division Art Unlimited de Basel Art, qui présente des oeuvres et installations d'avant-garde.

Reportage: Marie Heidmann, Jérôme Gosset, Julien Baudart