Eric Fottorino fête le 100e "Le 1" : "On sort du quant-à-soi journalistique"

Par @Culturebox Rédacteur en chef adjoint de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 05/04/2016 à 09H30
Le 100e numéro de Un

Le 100e numéro de Un

© France 3 / Culturebox

L'hebdomadaire "Le 1" lancé le 9 avril 2014 par Eric Fottorino fête son 100e numéro. Une déjà belle histoire pour cet OVNI de la presse écrite qui ne traite qu'un dossier par numéro et fait appel pour cela à des journalistes, des écrivains et des artistes. Eric Fottorino, qui en est le directeur de publication, nous explique ce qui fait, selon lui, le succès de "1".

Lancer au début du mois d'avril 2014, en pleine effervescence numérique, un journal papier sans publicité avait tout de la gageure. Mais 100 numéros plus tard il faut bien constater que l'idée, pour osée qu'elle fut, était bonne et viable. 

Eric Fottorino, le directeur de publication de "1", a bien conscience que son hebdomadaire a trouvé son public
Petit rappel :
"Le 1" est d'abord un journal pas comme les autres qui, pour rependre la formule de son créateur Eric Fottorino, "se déploie comme une grande aile d’oiseau dans le ciel mouvementé de la presse écrite." Car le "1" est d'abord un objet de presse avec une forme singulière qui le distingue de tous les autres. Un journal que l'on ne feuillette pas mais que l'on déplie. Un journal qui a pris le parti de ne traiter qu'un sujet à la fois pour éviter la frustration du lecteur face au trop-plein d'infos que l'on ne peut toutes engloutir.
Le Un déplié © D.Planche

"Ces réflexions nous ont amenés à considérer qu'un pliage en trois formats permettait de répondre à ces attentes et aussi de scander la lecture".

Il y a la poésie, la littérature, les chroniques dans un format magazine A4. Un deuxième format qui permet des grands entretiens, différentes approches de la philosophie aux statistiques et un  troisième format qui est le poster central qui donne à voir en grand des cartes ou des oeuvres d'art comme le tableau de Gérard Fromanger qui orne ce 100e numéro.

"Le 1" apparaît donc comme un objet littéraire et journalistique tout à fait particulier où se confrontent des visions sensibles et rationnelles du monde.

Cette faible pagination s'est imposée comme une nécessité avec la volonté d'être instructif plutôt qu'exhaustif. Au final, cet objet de presse où se cotoient cette semaine Irène Frain et Serge July, Tahar ben Jelloun, Jérôme Clément et Adèle van Reeth ou Régis Debray, peut se lire en une heure. Un pari culturel qui allie qualité et efficacité. 

"Le 1" est distribué d'abord en kiosque au prix de 2€80 mais aussi en librairie. Mais "Un" porte-étendard de la presse papier n'en n'est pas moins accessible ... sur internet  

Et pour aller encore plus loin, Eric Fottorino a créé, avec les éditions Philippe Rey, "Les 1dispensables". Il s'agit du recueil des meilleurs textes parus dans l'hebdomadaire "Le 1" sur un dossier particulier, comme "Pourquoi les migrants" ou "Qui est Daech". 
Qui est Daech? © DR

Effectivement indispensables pour prendre un peu de recul sur l'actualité du monde.
Les 1ndispensables sous la direction d'Eric Fottorino. 7€90.  Aux éditions Philippe Rey.