Dom Robert, moine bénédictin et figure de la tapisserie moderne

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/02/2017 à 17H52, publié le 10/02/2017 à 17H45
Le musée Dom Robert de Sorèze abrite une soixantaine de tapisseries du moine artiste ainsi qu'une quarantaine d'œuvres d'autres peintres cartonniers de tapisserie du 20e siècle.

Le musée Dom Robert de Sorèze abrite une soixantaine de tapisseries du moine artiste ainsi qu'une quarantaine d'œuvres d'autres peintres cartonniers de tapisserie du 20e siècle.

© Culturebox / Capture d'écran

C’était l’un des maîtres de la tapisserie contemporaine. Le moine bénédictin Dom Robert, décédé en 1997 à l’âge de 90 ans, fit partie des peintres cartonniers de tapisserie les plus prolifiques et admirés du 20e siècle. Aujourd’hui une soixantaine de ses œuvres sont conservées et exposées au musée Dom Robert créé en 2015 au sein de l’abbaye de Sorèze dans le Tarn

Une nature luxuriante et des couleurs éclatantes c’est l’univers poétique des tapisseries de Dom Robert. Une œuvre foisonnante qui s’inspire de la nature et exalte la faune et la flore de la Montagne Noire, ultime contrefort du Massif central. Un style unique qui a fait de lui un grand nom de la tapisserie d’Aubusson. 

Né Guy de Chaunac à Nieuil-l'Espoir dans la Vienne en 1907, il entre à l'École des Arts Décoratifs de Paris en 1925. Deux ans plus tard il part faire son service militaire au Maroc, puis rentre à Lyon et deviens dessinateur de tissus pour la Maison Ducharne.

Rencontre avec Jean Lurçat

En 1930, ses relations avec le philosophe Jacques Maritain, via Jean Cocteau et Maxime Jacob (futur Dom Clément Jacob et compositeur), le conduisent à l’abbaye bénédictine d’En Calcat à Dourgne dans le Tarn, où il rentre avec Jacob, prenant le nom de Frère Robert.

Il étudie la philosophie et la théologie, délaissant la peinture mais continuant à dessiner. Et c’est en 1941 que la rencontre a lieu à En Calcat avec Jean Lurçat, peintre cartonnier de tapisserie mondialement reconnu, qui va l’initier à son art.

Sa première tapisserie, "L'Été", est tissée par la maison Tabard à Aubusson, à partir d'une aquarelle agrandie et transcrite en carton numéroté. Ses premières œuvres dont la série des "Saisons" rencontrent immédiatement un grand succès.

Reportage : C. Carrière / X. Marchand / E. Hebert

Artiste prolifique

Entre 1942 et 1992, Frère Robert (il ne signera Dom Robert qu'à partir de 1970) va produire près de cent cinquante cartons originaux, en grande majorité tissés à Aubusson dans les ateliers Tabard et dans l’atelier de Simone Goubely jusqu’en 1992. En 1994, après une grave chute dans un escalier, il cesse de dessiner. Il meurt entouré de ses frères bénédictins à l’abbaye d’En Carcat en mai 1997 à l’âge de 90 ans.

Souvent éditées en de nombreux exemplaires, les tapisseries de Dom Robert sont en majorité au sein de collections privées. Mais certains édifices publics (école, lycée, mairie) et certains musées comme le musée d’art moderne de Paris, Les Gobelins, les musées de Dijon, d'Angers, et bien sûr la Cité de la tapisserie d’Aubusson, possèdent des œuvres du moine artiste.

Le moine bénédictin et peintre cartonnier Dom Robert

Le moine bénédictin et peintre cartonnier Dom Robert

© Culturebox / Capture d'écran

Le musée Dom Robert et de la tapisserie du 20e siècle a vu le jour en 2015 pour abriter cette collection qui provient en partie du legs de Suzanne Goubely à son décès en 1997. Abritée dans l’ancienne Abbaye-école de Sorèze, non loin d’En Carcat, devenu aujourd’hui un lieu culturel, cette collection comprend un fonds de tapisserie de 350 m2 constitué de 60 tapisseries de Dom Robert et de 35 autres d’artistes du XXe siècle, de Lurçat et Gromaire à Tourlière et Prassinos.

 

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