Dessin du pape par Plantu : l'association catholique déboutée

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 02/07/2015 à 16H22
Plantu à Cannes en mai 2015.

Plantu à Cannes en mai 2015.

© Anne-Marie poujoulat / AFP

La cour d'appel de Paris a débouté jeudi de ses demandes d'indemnités une association proche des catholiques intégristes, l'Agrif, qui avait attaqué le dessinateur Plantu pour un dessin du pape Benoît XVI sodomisant un enfant.

Le tribunal a également rejeté la demande de dommages et intérêts réclamée par le caricaturiste à l'Alliance générale contre le racisme et le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif) pour "poursuites abusives".

L'avocat de Plantu, Christian Charrière-Bournazel, avait accusé l'Agrif de vouloir "introduire dans le code pénal le délit de blasphème".

Intitulé "Pédophilie: le pape prend position", le dessin incriminé mettait en scène Benoît XVI sodomisant un enfant qui déclarait: "Quitte à se faire enculer, autant aller voter dimanche!", en référence aux élections régionales.

Le dessin de Plantu mis en cause a été publié en 2010 sur son site.

Le dessin de Plantu mis en cause a été publié en 2010 sur son site.

© Plantu

Les griefs de l'Agrif

Pour l'Agrif, ce dessin constituait une "provocation à la haine ou à la violence" envers les catholiques. "Ce n'est pas Benoît XVI qui est accusé de sodomiser des enfants de choeur. Le pape est utilisé dans ce dessin en tant que figure", avait assuré l'avocat de l'association, Me Jérôme Triomphe. "Il ne s'agit pas de dénoncer un prétendu laxisme de Benoît XVI, mais d'un réflexe pavlovien: dès qu'on entend curé, on entend pédophile", avait poursuivi l'avocat, dénonçant une "obsession".

Lors de l'audience en appel le 16 avril, l'avocat du dessinateur avait au contraire soutenu que c'est bien le pape qui était visé car "on ne peut pas être plus visé qu'en étant dessiné" de façon tout à fait reconnaissable. Et si Me Charrière-Bournazel avait bien voulu admettre que l'ex-pape est "diffamé, insulté, il n'a pas mandaté l'association pour le représenter", avait-il déclaré.


"Les enfants violés sont catholiques", s'est défendu Plantu

De son côté, Plantu avait expliqué qu'il "défendait les catholiques". "Les enfants qui sont violés, ils sont catholiques", avait-il déclaré. Par ce dessin, publié le 22 mars 2010 sur le site du dessinateur (www.plantu.net) et repris le 3 avril suivant par Le Monde Magazine, il voulait dénoncer le silence de la haute hiérarchie catholique.

"Ça fait 43 ans que je travaille au Monde, je me bats sur tous les combats. Quand les curés dérapent, c'est mon affaire, mais bouffer du curé, non", avait conclu Plantu. En rappelant l'attentat contre Charlie Hebdo, le dessinateur avait relevé que les caricaturistes étaient de plus en plus ciblés. "Dans une même semaine, je suis traité d'antichrétien, islamophobe, antisémite, antiféministe", avait-il dit.