La 10e Biennale du design se penche sur les mutations du monde du travail

Par @Culturebox
Publié le 09/03/2017 à 16H16
A Chance to Cut is a Chance to Care Office Party. Cette guirlande colorée se fixe sur un néon standard.Lorsqu'elle est installée, la guirlande transforme la lumière rude du néon en un joyeux mélange de couleurs. Cette édition est le suivi d'une installation réalisée pour Portikus en 2013. Appareils de néon standard, feuille de plastique, sls éléments imprimés, corde 20/30/160 cm Edition festive de 20 pièces pour Portikus, Frankfurt am Main 20/30/120 Cm Studio Edition

A Chance to Cut is a Chance to Care Office Party. Cette guirlande colorée se fixe sur un néon standard.Lorsqu'elle est installée, la guirlande transforme la lumière rude du néon en un joyeux mélange de couleurs. Cette édition est le suivi d'une installation réalisée pour Portikus en 2013. Appareils de néon standard, feuille de plastique, sls éléments imprimés, corde 20/30/160 cm Edition festive de 20 pièces pour Portikus, Frankfurt am Main 20/30/120 Cm Studio Edition

© Labadie / Van Tour 2015

La 10e Biennale internationale du design de Saint-Étienne, qui s’ouvre jeudi jusqu’au 9 avril, ausculte les mutations du travail et les choix de société à l'ère post-industrielle : Robots, plateformes collaboratives, domicile connecté au bureau, coworking, "micro-jobs", troc planétaire de données…

Questionner la société

Baptisée "Working Promesse", cette édition va jusqu'à se demander si demain ne signera pas la fin du travail tel que nous le concevons depuis des siècles.

La dizaine d'expositions accueillies à la Cité du design, auxquelles s'ajoutent six nouveaux lieux d'exposition "in" et des "off", proposent peu d'objets ou de meubles "design" mais relèvent plutôt de réflexions conceptuelles, prospectives, politiques et critiques sur le travail.
10e Biennale du design - Saint-Etienne (2017) : le teaser
"Le design, aujourd'hui, c'est systémique, avec une approche multiple. Les enjeux se situent du côté théorique, en particulier lorsqu'il s'agit de penser un projet de société autour du travail, dont le design participe à la mise en forme", souligne Olivier Peyricot, directeur scientifique de la Biennale. "Le design doit questionner la société sur ses choix".

Ainsi, souligne Marie Lechner, co-commissaire de l'exposition "Digital Labor", les échanges de données de tout un chacun via les réseaux sociaux, les objets connectés, "c'est en fait un travail gratuit puisque nous produisons de la valeur". Ces données vont être vendues, exploitées. D'autres vont multiplier les micro-tâches en ligne pour des rémunérations dérisoires.

Dans ces conditions, quelle sera l'entreprise du futur ? Comment s'organisera le travail ?, s'interrogent les designers.

"Extravaillance/Working Death" propose une vision du travail dans 20, 100 ou 200 ans, avec des stations d'écoute depuis lesquelles le visiteur est bercé par des fictions sonores imaginées par des auteurs de S-F.

Ce sont par exemple des archéologues des années 2220 qui cherchent à comprendre l'organisation du travail au début du XXIe siècle à partir d'objets usuels contemporains. Un gobelet en plastique très fin pour la pause-café ? C'est sans doute pour que la personne se brûle et retourne vite travailler, extrapole le chercheur du futur.
Best-of des métiers - Trio6 Be - Focal

Best-of des métiers - Trio6 Be - Focal

© Focal-Jmlab - L’Atelier Sylvain Madelon. - Tous droits réservés - All rights reserved

Travailler au lit

Voici aussi venu le temps du "travailleur horizontal", avance Ludocic Burel, co-commissaire de l'exposition "Cut & Care", axée sur l'ergonomie et le bien-être. S'y côtoient dans un skatepark vert gazon des chaises longues et fauteuils de repos design.

Depuis son divan ou son lit, on commande en ligne, on finance une innovation, on loue des chambres d'hôtels ou son appartement, on envoie des emails à un collaborateur au bout du monde... "80% des Américains reconnaissent travailler souvent dans leur lit", relève M. Burel.

Dans une autre exposition de la Cité du design, le visiteur découvrira d'ailleurs un "lit-bureau" transformable.

Invitée cette année de la Biennale, la ville américaine de Détroit, mise en faillite par la crise économique, renaît peu à peu grâce à sa vitalité créative. "Les habitants réinventent leurs façons de travailler et de vivre", explique Anya Sirota, architecte-designer du studio Akoaki.
THE MOTHERSHIP, 2014, Anya Sirota, Jean Louis Farges. Mothership est un set place de DJ

THE MOTHERSHIP, 2014, Anya Sirota, Jean Louis Farges. Mothership est un set place de DJ

© Akoaki
Venus de l'ancienne capitale américaine de l'automobile, une trentaine d'artistes, agriculteurs urbains, designers, architectes, musiciens --qui se produiront chaque jour en concert--, illustrent cette effervescence. "On travaille avec peu de moyens mais sans misérabilisme: on fait avec peu, mais il faut que ça en jette, comme cette ‘soucoupe volante’ mobile pour DJ. La musique est indissociable de Détroit !" (Motown, MC5, Alice Cooper, Iggy Pop George Clinton Ndlr), s'exclame-telle.

Une boutique, baptisée "Le grand magasin", propose des objets, dont une surprenante camisole-oreiller pour micro-sieste au bureau, et de nombreux ouvrages sur cette discipline.

En 2015, la Biennale avait accueilli 208.000 visiteurs.