COP21 : la culture se mobilise pour le climat

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 28/11/2015 à 12H08
"Kyoto forever", mise en scène Frédéric Ferrer, à la Maison des métallos du 17 novembre au 6 décembre

"Kyoto forever", mise en scène Frédéric Ferrer, à la Maison des métallos du 17 novembre au 6 décembre

© Christian Kempf

Horloge de glace, théâtre pédagogique, land art : le monde de la culture joue la carte de la conférence de Paris, même si peu de créateurs se sont réellement intéressés au réchauffement climatique.

Le plus directement branché sur cet événement planétaire est sans doute le théâtre. David Lescot présente ainsi au Théâtre de la ville "Les Glaciers grondants", une pièce pour laquelle l'auteur a interrogé spécialistes du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) et "climatosceptiques" (du 4 au 8 décembre).

Même engagement à la Maison des métallos avec "Kyoto Forever 2" de Frédéric Ferrer, recréation d'une séance de négociations entre experts et diplomates sur une limitation de la hausse de la température du globe (jusqu'au 6 décembre).
Autre manifestation dédiée au sujet, l'exposition "Climats artificiels" à l'Espace Fondation EDF (jusqu'au 28 février). Traverser un nuage artificiel ou passer la tête dans des serres suspendues où sont recréés des écosystèmes : la commissaire Camille Morineau a voulu "faire un pas de côté en proposant une réflexion plus poétique" que l'approche politique de la COP21.

Land Art : Richard Long au Centre Pompidou

La conférence de Paris est aussi l'occasion de revenir sur les courants artistiques traitant des rapports de l'homme avec la nature, même si leur démarche est assez éloignée de l'augmentation du taux de CO2. Le Centre Pompidou rend ainsi hommage au Land Art, présenté comme le "premier mouvement (...) à élire la terre comme lieu et matière de l'expression artistique".

Un cercle d'ardoises de Richard Long, un des artistes emblématiques de ce courant, est exposé dans le Forum. Outre un cycle de films sur la nature en danger, le Centre a également élaboré un parcours COP21 destiné à "mettre en lumière les mutations de la représentation de la nature dans le champ de l'art moderne", de Matisse aux paysages des Surréalistes.

Mais avoir la nature pour inspiration confère-t-il pour autant le label d'écologiste militant ? "Le travail de Richard Long porte plutôt sur les terres sauvages, les grandes étendues", note Camille Morineau. "Beaucoup d'artistes mènent une réflexion politique, mais pas sur le climat, simplement parce qu'ils ont d'autres chats à fouetter", souligne-t-elle.

Olafur Eliasson : horloge de glace géante au Panthéon

Des créateurs ont pourtant fait de la question climatique l'un des thèmes majeurs de leur démarche. Star de l'art contemporain et écolo de la première heure, le Danois Olafur Eliasson est de ceux-là. Pour la COP21, il a imaginé une horloge géante constituée de 12 blocs de glace (80 tonnes au total) en provenance d'un fjord du Groenland. Elle sera installée Place du Panthéon.
Dans le cadre de l'agenda culturel Paris Climat 2015, Eliasson prévoit également une marche lumineuse dont les participants seront munis de petites lampes solaires à LED (4 au 10 décembre) COPqu.

Autre projet spectaculaire, "Particle Falls", cascade numérique d'Andrea Polli projetée sur la façade du Mona Bismarck American Center. Sa couleur et son animation varient en temps réel selon le taux de CO2.

Pour dénoncer la pollution et le gaspillage, le Britannique Michael Pinsky "mettra en scène" des objets récupérés dans le canal de l'Ourcq. Avec son film "De chair et de lait", le réalisateur Bernard Bloch s'est interrogé sur nos liens avec l'animal à travers seize "situations de partage" entre les vaches et les hommes dans le monde (avant-première le 8 décembre au MK2 Quai de Seine).

La Tour Eiffel en arbre géant

"One Heart One Tree" de Naziha Mestaoui propose de créer, via une application smartphone, un arbre virtuel qui sera projeté sur la Tour Eiffel et d'autres monuments. Chaque arbre en générera un autre, réel, planté dans le cadre de projets de reforestation.
Décidément très sollicitée, la Tour Eiffel est aussi le terrain de jeu du "street artist" Shepard Fairey qui va suspendre entre le premier et deuxième étages une boule décorée de ses habituelles arabesques. Même si l'objet est assorti de slogans écologistes, le lien avec le réchauffement climatique semble assez ténu. A moins qu'il ne s'agisse d'une décoration de Noël.

Consulter tout le programme des événements culturels dans le cadre de la COP21 (ArtCOP21)