Carnet de Van Gogh : Le Seuil veut "obtenir réparation du préjudice subi"

Par @Culturebox
Mis à jour le 19/12/2016 à 16H58, publié le 19/12/2016 à 11H45
"Vincent Van Gogh, le brouillard d'Arles, carnet retrouvé" aux édition du Seuill : 1re de couverture et planche

"Vincent Van Gogh, le brouillard d'Arles, carnet retrouvé" aux édition du Seuill : 1re de couverture et planche

© Christophe Ena/AP/SIPA

Suite à la polémique lancée par le Musée d'Amsterdam qui conteste l'authenticité de 65 dessins attribués à Vincent Van Gogh publiés aux éditions du Seuil, dans son ouvrage "Vincent Van Gogh, le brouillard d'Arles, carnet retrouvé", l'éditeur a haussé le ton lundi en affirmant vouloir "obtenir réparation du préjudice subi".

Guerre de communiqués     

Les éditions du Seuil "entendent obtenir réparation du  préjudice qu'elles ont subi du fait d'une campagne insidieuse et non fondée" de la part du Musée d'Amsterdam, a affirmé la maison dirigée par Olivier Bétourné dans un communiqué. Le Seuil n'a pas précisé par quel moyen il entend obtenir réparation.
           
De même "la propriétaire des œuvres depuis soixante ans, qui les tenait de sa famille, se réserve d'engager toutes initiatives appropriées afin de réparer le préjudice causé par ces affirmations la qualifiant au fond de possible faussaire", a fait savoir dans un communiqué l'expert en art Franck Baille, qui est à l'origine de la découverte.
           
Le Seuil (qui appartient au groupe La Martinière, 7e éditeur français) et le Musée Van Gogh d'Amsterdam se livrent à une guerre des communiqués, chacun campant sur ses positions, depuis le 15 novembre, date de parution du livre en France et dans cinq autres pays dont les États-Unis et l'Allemagne.

Amsterdam ne répond plus

L'éditeur français avait proposé au Musée d'Amsterdam d'organiser  conjointement un débat public entre experts afin de mettre un terme à la polémique mais cette proposition a été sèchement rejetée par le Musée néerlandais.
           
Parallèlement, l'éditeur publie sur son site un nouvel argumentaire de 19 pages de l'experte canadienne Bogomila Welsh-Ovcharov contestant point par point les objections du Musée d'Amsterdam.
           
"L'album de Van Gogh et le carnet demeurent des découvertes fondamentales  du point de vue de l'histoire du peintre et de la connaissance de son œuvre", écrit notamment Mme Welsh-Ovcharov.
           
"Le musée Van Gogh, qui possède la plus grande collection d'œuvres de  l'artiste au monde, devrait étudier tous les aspects de la question plutôt que de livrer un jugement hâtif", estime l'experte canadienne qui a demandé au musée néerlandais de "se raviser" et de "prendre le temps de débattre".
           
Elle rappelle que dans le passé le Musée d'Amsterdam avait contesté  l'authenticité de la toile de Van Gogh, "Coucher de soleil à Montmajour" avant  de la reconnaitre... 22 ans plus tard.
L'experte canadienne en art Bogomila Welsh-Ovcharov pose avec "Vincent Van Gogh, le brouillard d'Arles, carnet retrouvé" aux éditions du Seuil

L'experte canadienne en art Bogomila Welsh-Ovcharov pose avec "Vincent Van Gogh, le brouillard d'Arles, carnet retrouvé" aux éditions du Seuil

© Christophe Ena/AP/SIPA

Pertes sèches

Le livre "Vincent Van Gogh, le brouillard d'Arles, carnet retrouvé" représente un enjeu important pour La Martinière qui a programmé la publication de ce beau livre pour le marché des cadeaux de fin d'année. Il a été tiré à 70.000 exemplaires, dont 25.000 en France.

En France, le démarrage des ventes n'a apparemment pas trop souffert de la polémique, avec environ 2.600 exemplaires écoulés selon des chiffres de GfK datant de début décembre. Mais aux Pays-Bas et en Flandre où le livre est publié par Lanoo (filiale néerlandaise de La Martinière) les ventes sont quasi nulles.

Pour la France, "les ventes sont correctes mais auraient été meilleures sans cette polémique", a indiqué une source au Seuil.