Bachelot veut intégrer la Culture à un Ministère de la Beauté et du Savoir

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 28/09/2011 à 18H01
Jean-François Copé et Roselyne Bachelot, mardi soir à la Convention de l'UMP à Paris

Jean-François Copé et Roselyne Bachelot, mardi soir à la Convention de l'UMP à Paris

© IP3 PRESS/MAXPPP

Double objectif pour la convention nationale de l'UMP sur la culture qui se tenait mardi soir à l'Espace Cardin, à deux pas de l'Elysée : s'en prendre aux propositions de la gauche et élaborer pour 2012 un programme à coût minimum

Pourfendant les démons "idéologiques" de l'opposition, le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé a exécuté d'emblée la proposition de Martine Aubry d'augmenter de 30% à 50% le budget de la Culture : "Nous ne pouvons plus faire croire que les marqueurs, c'est l'augmentation des budgets" puisque l'Etat est désormais "impécunieux"... "Il faut trouver de nouvelles formules". Reste à savoir lesquelles.

Dans une envolée, la ministre des Solidarités Roselyne Bachelot, conseillère politique pour la Culture à l'UMP,  s'est prononcée "à titre personnel" pour "un grand ministère de la Beauté et du Savoir regroupant Culture, Education, Enseignement supérieur, Recherche" (permettant au passage des économies?)

Parmi les 52 propositions avancées , la création d'un centre national de la musique sur le modèle du centre national du cinéma, et une antenne du Centre Pompidou en banlieue baptisée musée du XXI siècle. Furent citées comme sources potentielles de financement de l'art  "le mécénat de proximité", en particulier pour les PME (avec déductions fiscales) ... ou la Française des jeux "incitée" à un tirage spécial "journées du Patrimoine", dont le produit irait à la Fondation du patrimoine.

Difficile de dire qu'un grand souffle planait sur cette réunion, malgré un Pascal Nègre (PDG d'Universal Music France) surgi de l'assistance pour remercier l'UMP de "son combat courageux" en faveur d'Hadopi. Arriva alors (Jean-François Copé s'était déjà éclipsé) un Frédéric Mitterrand des plus remontés.

Le ministre de la Culture estimait visiblement que justice n'avait pas été rendue à son bilan, dont l'UMP sonnait bien vite le glas. Pendant plus d'une heure, passant en revue les secteurs relevant de sa compétence, du cinéma au spectacle vivant, de la numérisation des livres à la Maison d'histoire de France, il s'y est employé avec autant de flamme que d' emphase ("le passage à la TNT, on peut le comparer au passage à l'euro"; "on se souviendra que l'histoire des arts à l'école a été lancée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy").

Indépendamment de son bilan, accordons au ministre de la Culture en titre d'avoir été seul, mardi soir, à incarner la magie du verbe. Fût-ce pour une plaidoirie essentiellement "pro domo".