Aurélie Filippetti nommée ministre de la Culture et de la Communication

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 16/05/2012 à 19H28
Aurélie Filippetti à un meeting de François Hollande à Bercy, à Paris (29/04/2012)

Aurélie Filippetti à un meeting de François Hollande à Bercy, à Paris (29/04/2012)

© AFP / Fred Dufour

Aurélie Filippetti, 38 ans, a été nommée mercredi ministre de la Culture et de la Communication du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, devenu mardi Premier ministre du président François Hollande. La députée PS de Moselle succède à Frédéric Mitterrand, le neveu de l'ancien président socialiste, qui a assuré ce mandat sous la présidence Sarkozy entre le 29 juin 2009 et le 15 mai 2012.

Aurélie Filippetti, membre du PS, est députée de la 8e circonscription de Moselle depuis juin 2007 et porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, où on l'a vue batailler contre la loi Hadopi. Elle est également romancière. Elle fait partie des 17 femmes membres du gouvernement Ayrault, fort de 34 ministres. Elle est aussi la plus jeune ministre de la Culture depuis la création de ce poste sous la Ve République.

Si les noms des détenteurs des portefeuilles de la Défense, des Affaires étrangères ou de l'Industrie semblaient déjà connus, celui du futur ministre de la Culture aura été peu évoqué, dans les médias, jusqu'à l'annonce officielle de la composition du gouvernement. Toutefois, certains médias avaient tout de même avancé son nom.

Des attentes énormes, de nombreux chantiers
Aurélie Filippetti hérite d'un poste pour lequel les attentes sont énormes, le budget de la culture ayant notamment fait les frais de la politique d'austérité en ces dernières années marquées par la crise économique et financière. Les chantiers ne manquent pas, à commencer par la stratégie à adopter face au numérique triomphant, qui implique aussi la délicate question des droits d'auteur, sans oublier les profondes inquiétudes du spectacle vivant.

En avril, le ministère de la Culture a sorti un rapport relevant pas moins de 40 chantiers, qui a été réalisé par près de 200 agents basés à Paris et dans les DRAC (directions régionales des affaires culturelles) : questions du numérique, rémunération de la création, nécessité de réformer l'articulation entre ministère et collectivités territoriales, prise en compte de la mondialisation des échanges, des évolutions démographiques et sociales... Les premières annonces officielles de la nouvelle ministre de la Culture seront scrutées de très près...

Aurélie Filippetti devant le QG de campagne de François Hollande à Paris (9/5/2012)

Aurélie Filippetti devant le QG de campagne de François Hollande à Paris (9/5/2012)

© AFP / Fred Dufour
Membre de l'équipe de campagne du candidat Hollande
Ces derniers mois, Aurélie Filippetti était en charge de la Culture, de l'audiovisuel et des médias dans l'équipe de campagne du candidat François Hollande. Ancienne élue des Verts, elle a rejoint le Parti socialiste en novembre 2006, devenant conseillère spéciale dans l'équipe de campagne de Ségolène Royal, candidate à la présidentielle 2007. Elle était déjà en charge des dossiers culture, éducation, société et environnement.

En 2011, Aurélie Filippetti a soutenu François Hollande pour la primaire socialiste d'octobre. Après la victoire du président PS du conseil général de Corrèze sur Martine Aubry et Arnaud Montebourg, elle est restée aux côtés du candidat PS dans sa marche vers l'Elysée.

Quelques critiques dans son propre camp
La nouvelle ministre n'échappe pas à quelques critiques dans le camp qu'elle a rallié voici près de six ans. En Lorraine, certains déplorent le peu de présence de la députée PS de Moselle. On lui reproche aussi d'avoir tenté, sans succès, de se faire élire au Parlement européen en 2009 dans l'espoir d'échapper aux conséquences d'un redécoupage électoral qui ne lui était pas favorable. Enfin, après la catastrophe de Fukushima au Japon en mars 2011, Aurélie Filippetti avait été recadrée par Martine Aubry, première secrétaire du PS, pour avoir dénoncé la "vision dépassée" des socialistes sur le nucléaire.

Quand Aurélie Filippetti, conseillère de François Hollande, parlait de culture (mars 2012)
 

Fille d'un ancien mineur lorrain devenu élu PCF
Aurélie Filippetti, née le 17 juin 1973 à Villerupt (Meurthe-et-Moselle), est la fille d'Angelo Filippetti (1938-1992), ancien mineur de fond, maire communiste d'Audun-le-Tiche de 1983 à 1992 et conseiller général. Elle est également la petite-fille d'immigrés italiens venus travailler dans les mines de fer de Lorraine.

Dans un premier roman intitulé "Les Derniers jours de la classe ouvrière" (2003), elle a relaté l'histoire de son grand-père résistant - que la Gestapo est venue chercher à la mine, déporté avec ses deux frères. Elle a aussi écrit sur la condition ouvrière.

Ancienne élève de l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud (à Lyon), Aurélie Filippetti est agrégée de lettres classiques. Elle a enseigné comme professeur de lettres avant de se lancer dans une carrière publique. Elle a fait ses premiers pas en politique dans le parti des Verts. Elle a intégré le cabinet d'Yves Cochet, ministre de l'Environnement (juillet 2001-mai 2002) dans le gouvernement Jospin. Elue conseillère sous l'étiquette Verts à Paris en 2001, elle s'y est présentée aux législatives, avant de quitter les Verts en 2006 (la circonscription de Longwy, en Meurthe-et-Moselle, qu'elle convoitait, lui ayant été refusée). C'est alors que la jeune femme a rejoint le PS.