Aurélie Filippetti : financement de la télé et de la création "sans tabou"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 17/07/2012 à 20H29
Aurélie Filippetti le 5 juillet 2012 à Rennes.

Aurélie Filippetti le 5 juillet 2012 à Rennes.

© F.LEPAGE/SIPA

Il faudra être "absolument sans tabou" sur le financement de l'audiovisuel public, notamment sur un retour de la publicité après 20h : c'est ce qu'a déclaré mardi la ministre de la Culture et de la Communication devant la commission des affaires culturelles du Sénat. Elle a également indiqué que la mission confiée à Pierre Lescure sur la création à l'ère du numérique fera émerger de "nouveaux modes de financement de la création".

La mission Lescure
Pilotée par le ministère de la Culture, la mission Lescure, qui fera des préconisations au premier semestre 2013, doit permettre de mettre en place "l'acte II de l'exception culturelle", une promesse de campagne de François Hollande, a rappelé Aurélie Filippetti.

"Elle permettra d'avoir des instances de concertation, de dialogue, mais aussi de faire émerger de nouvelles ressources, de nouveaux modes de financement de la création et d'y associer ceux qui tirent profit du développement de la circulation des oeuvres dans les réseaux", a-t-elle affirmé.

Hadopi et l'offre légale en ligne
La mission Lescure va par ailleurs permettre de "tracer les grandes lignes de l'amélioration de l'offre légale en ligne, pour donner un coup d'accélérateur à ces pratiques", a-t-elle dit.   

L'avenir d'Hadopi en fera également partie. La ministre a estimé qu'il y avait dans le travail de la haute autorité un "déséquilibre entre la fonction de répression sur laquelle elle s'est beaucoup concentrée et le développement de l'offre légale qui a été laissé de côté". "Ce n'est pas satisfaisant" alors que la haute autorité "réclame beaucoup d'argent dans cette période difficile, 12 millions d'euros", a-t-elle estimé.

Concernant l'audiovisuel public 
"La suppression brutale de la publicité après 20h (sur l'audiovisuel public) a destabilisé le système et les compensations budgétaires qui ont été prévues ont emmené un léger sous financement de France Télévisions", a constaté mardi Aurélie Filippetti. 

"Je suis très ouverte, je pense qu'il faudra qu'on soit absolument sans tabou. Il faut envisager toutes les solutions. Il y a évidemment la question du retour de la publicité ou non après 20h", a-t-elle dit, ajoutant que la question de la redevance pouvait "être posée".

"En l'état actuel des finances publiques, il n'est en tout cas pas envisageable de poursuivre la réforme telle que c'était prévu au départ à partir du 1er janvier 2016", et qui prévoit la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques en 2016, a-t-elle estimé.

La ministre a par ailleurs dit que la loi sur la réforme du mode de nomination des présidents de l'audiovisuel public serait "rapide" et qu'une réflexion sur "le périmètre et le fonctionnement du CSA" allait être "engagée" puisque "les deux éléments vont ensemble".

Les aides à la presse ciblées sur la transition vers le numérique
Enfin, concernant les aides à la presse, la ministre a estimé que la "situation budgétaire" conduisait à les "cibler". "Il faudra s'engager dans une démarche de refonte qui conserve bien l'objectif d'aider la presse dans la transition vers le numérique dans un souci de plus grande efficacité", a-t-elle dit.

A propos du distributeur de presse Presstalis, en grave difficulté financière, Mme Filippetti a affirmé que des dispositions seraient prises "d'ici le 31 juillet" pour assurer sa survie.