Villa Eileen Gray, un joyau de l'habitat moderne enfin ouvert aux visites

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 10/05/2015 à 10H36
Après des années de restauration, la Villa E 1027 ouvre ses portes aux visteurs...mais seulement pour quelques mois !

Après des années de restauration, la Villa E 1027 ouvre ses portes aux visteurs...mais seulement pour quelques mois !

© Michael Alesi

Son nom de code est Villa E-1027 mais on la surnomme aussi la Maison en bord de mer. Imaginée et habitée par l’architecte et designer irlandaise Eileen Gray dans les années 20, elle est située à Roquebrune-Cap-Martin près de Menton. Abandonnée pendant des années, elle a fait l’objet d’une minutieuse restauration. Un lieu unique à découvrir uniquement sur réservation jusqu’au 31 octobre.

Construite entre 1926 et 1929 par Eileen Gray avec son ami et amant de l'époque, l’architecte d’origine roumaine Jean Badovici, la Villa E 1027 porte un nom étrange, dont l’explication est plus "humaine" qu’il n’y paraît : le E pour Eileen, 10 pour le J de Jean, 2 pour le B de Badovici, 7 pour le G de Gray.

Présentée en 1929 dans le premier numéro de L'Architecture vivante, une revue d'avant-garde, elle est considérée comme un joyau de l’architecture moderne. Montage sur pilotis, balcon-coursive, larges baies qui se plient comme un paravent, toit-terrasse sont quelques-unes des caractéritqiues de cette maison qui alliait esthétique, confort et bien-être.
Villa E 1027 intérieur © Michael Alesi

"Chacun, même dans une maison de dimension réduite, doit pouvoir rester libre, indépendant. Il doit avoir l'impression d'être seul, et s'il le veut entièrement seul. Ce qui nous a amené à désaxer les murs pour éviter que les portes soient visibles", écrivait Eileen Gray qui ne vécut que quelques mois dans la villa où Jean Badovici resta vivre.

Reportage : O. Chartier-Delègue / J-C. Routhier / D. Roux
Malgré sa beauté et son modernisme élégant, la Villa E 1027 a connu bien des vicissitudes. Habitée pendant un temps par Eileen Gray et par Jean Badovici, elle est vendue aux enchères à la mort de ce dernier en 1956 par Le Corbusier (il a peint sept oeuvres à la demande de Badovici) qui fait acheter la maison par Marie-Louise Schelbert. Cette dernière la léguera à son médecin qui vendra le mobilier avant de finir assassiné par son jardinier en 1996.
Les travaux de restauration de la villa E 1027

Les travaux de restauration de la villa E 1027

© Médiéval-AFDP
Inscrite en 1975 à l’Inventaire des monuments historiques, la Villa est ensuite squattée et vandalisée. Son salut arrive en 2000 quand elle est classée et rachetée par le Conservatoire du Littoral et la mairie de Roquebrune-Cap-Martin. Les travaux de restauration, conduits par Pierre-Antoine Gatier, ont été longs avec du gros œuvre sur les bétons, les menuiseries et les auvents mais aussi la rénovation des intérieurs. Remeublée (le mobilier originel a été en grande partie dispersé), la villa a aussi retrouvée ses couleurs d’origines, des pans de murs jaune, bleu et vert. 
Villa E 1027 © Michael Alesi
Eileen Gray a conçu en 1931 une autre maison sur les hauteurs de Menton, « Tempe a Pailla », qu’elle a dessiné entièrement seule. Une maison qui a été pillée pendant la gueurre et que l’artiste a restauré avant de la vendre. Puis à l'âge 76 ans, Eilleen Gray a aménagé une bastide, au sud de Saint-Tropez, "Lou Pérou" qui sera son dernier refuge estival.

Pour visiter la Villa E 1027 :
Les visites (qui commencent à la gare de Roquebrune Cap Martin) sont proposées jusqu'au 31 octobre 2015  en petits groupes avec un guide, sur réservation préalable obligatoire. 

Deux visites par jour du mardi au dimanche (pas de visite le lundi). 
- Départs à 10h et 14h (15h30 en juillet et août) 
- Durée : 2h30 

Tarif normal : 15 € 
Tarif réduit : 10 € (pour les enfants de 7 à 17 ans, pour les familles à partir de 4 personnes et pour les étudiants) 

Plus d'infos sur le site de l'association Cap Moderne qui a oeuvré pour la restauration du site