Tour Montparnasse : un grand lifting pour reconquérir les Parisiens

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 02/10/2015 à 12H02
La Tour Montparnasse, à Paris (28 mai 2015)

La Tour Montparnasse, à Paris (28 mai 2015)

© Joël Saget / AFP

Quarante-deux ans après sa construction, la Tour Montparnasse, gratte-ciel très mal-aimé des Parisiens, va faire l'objet d'un lifting dans le cadre d'un chantier plus vaste, pharaonique, sous l'égide de l'architecte Jean-Marie Duthilleul.

"Il faut que les Parisiens rêvent en regardant la Tour Montparnasse !", souhaite Jean-Marie Duthilleul, qui sera le superviseur d'un projet concernant la tour et son proche environnement, évalué à 700 millions d'euros, qui devrait débuter vers 2020 et qui s'étalera sur une dizaine d'années.

"Les Parisiens, la tour, ils ne l'aiment pas vraiment. Elle se dresse toute seule, on ne peut pas dire qu'elle leur raconte énormément de choses", poursuit-il, cité par l'AFP.

La tour "jouera avec la lumière, les reflets, les nuages"

Comment réconcilier la ville avec ce monolithe brun et vieillissant, bâti en 1973, haut de 210 mètres ? "Il faut changer la relation de la tour avec le ciel", répond l'architecte, et pour cela, remplacer les vastes façades en verre fumé par une nouvelle "peau qui jouera avec la lumière, les reflets, les nuages".

Ce lifting à 150 millions d'euros qui donnera naissance à une tour "plus transparente, changeante, illuminée", n'est que la première étape d'un ambitieux projet de rénovation. En tout, les 280 copropriétaires du site devront investir entre 550 et 750 millions d'euros pour "réinventer" un ensemble immobilier de 2,5 hectares qui comprend aussi un centre commercial de 30.000 m2, la petite tour CIT voisine et un autre immeuble de bureaux.

Concours d'architecture et consultation citoyenne

En 2016, un concours d'architecture portant sur la rénovation de la façade de la tour, et une consultation citoyenne auprès des habitants, seront lancés. En parallèle, le dialogue avec la Ville de Paris et les municipalités des trois arrondissements concernés (6e, 14e et 15e), s'intensifiera et un protocole d'accord sera établi.

Car le projet vise aussi à "redonner une dimension culturelle à un quartier qui a accueilli les plus grands peintres", rappelle à l'AFP Patrick Abisseror, le président de l'Ensemble immobilier Tour Maine Montparnasse (EITMM). "Cela fait sept ans qu'on travaille sur l'idée de revaloriser ce patrimoine. Nous voulons lui redonner le souffle, l'ambition de modernité qu'a représenté sa construction il y a 40 ans."

Un futur "Times Square parisien"

Ce futur "Times Square parisien, qui ne soit pas mercantile", pourra accueillir de grands spectacles de lumières, ajoute Patrick Abisseror, propriétaire du 56e étage de la tour, avec son bar panoramique à la vue vertigineuse.

L'idée est aussi d'ouvrir le site, aujourd'hui "étanche à la vie du quartier", sur les axes environnants, notamment la rue de Rennes et la gare Montparnasse, explique à l'AFP Gilles Vuillemard, vice-président de l'EITMM.

Le centre commercial (codétenu par des enseignes comme les Galeries Lafayette ou encore C&A) sera agrandi et perdra son "côté blockhaus". Des services verront le jour pour les 8.000 salariés qui travaillent sur le site, dont 5.000 dans la tour.

Il a fallu rassurer les copropriétaires

Toutefois le projet a été "compliqué à mettre sur les rails". Il a notamment fallu rassurer certains des 280 copropriétaires, les plus petits, au départ réticents, en leur promettant "une certaine solidarité financière" des plus grands copropriétaires, explique Patrick Abisseror.

Lundi 28 septembre, une assemblée générale a validé le principe d'une gouvernance simplifiée de l'ensemble immobilier. Celui-ci sera éclaté en 8 secteurs homogènes (commerces, parkings, CIT, tour, etc) dont les copropriétaires prendront des décisions de façon autonome, et non plus à 280.

Les travaux débuteraient vers 2020

Les travaux pourraient débuter "à l'horizon 2020", en même temps qu'une "première phase de revalorisation" du centre commercial. Cette vaste rénovation s'échelonnera sur une dizaine d'années.

"Ce projet va aussi nous permettre de tourner la page de l'amiante", qui a contribué à ternir l'image de la tour - notamment à l'été 2013 quand la région et des entreprises avaient évacué par précaution leurs employés après une série de dépassements des seuils de pollution -, souligne Patrick Abisseror. Selon lui, le site dispose de "l'expertise la plus importante au niveau européen voire mondial, en matière de suivi" de cette fibre cancérigène, dont les bâtiments ont été truffés pendant les Trente Glorieuses.

Quelque 2.700 prélèvements d'air y ont été réalisés depuis 2013 et 200 millions d'euros ont été investis dans le désamiantage de la tour.