Retour de l'utopie à la cité-jardin Bataville grâce à la jeune architecte Margaux Milhade

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 30/09/2016 à 12H14
Immeubles de la cité-jardin Bataville de 1931. 

Immeubles de la cité-jardin Bataville de 1931. 

© JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Après un an d'immersion à Bataville, ancienne cité-jardin de l'usine de chaussures Bata en Moselle, fermée en 2001, l'architecte Margaux Milhade a exposé le 29 septembre un "Plan Guide" pour faire revivre ce site exceptionnel, avec la "liberté d'inventer de nouveaux modèles de société".

Devant d'autres acteurs du projet, dont la Fondation de France qui a financé la recherche, ses collègues de l'agence "Notre atelier commun" (NAC) et des entrepreneurs désireux de s'installer dans les murs de la cité ouvrière, la jeune architecte Margaux Milhade a présenté "de grands axes et une méthode" pour l'avenir de Bataville, où elle a vécu une année.
L'architecte Margaux Milhade lors de la présentation de son projet sur Bataville.

L'architecte Margaux Milhade lors de la présentation de son projet sur Bataville.

© JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Création d'une "société coopérative d'intérêt collectif" 

Micro-brasserie, Fab-Lab (atelier de fabrication numérique) ou résidence  d'artistes pourraient ainsi venir s'agréger aux activités qui existent déjà sur une partie du site, sur lequel vivent encore quelques 350 personnes. Trois écoles, un gymnase ou encore une imprimerie sont déjà dans les murs rouges des  bâtiments construits dans les années 1930 par des architectes tchèques. 
Maquette du complexe de Bataville à Moussey en Moselle

Maquette du complexe de Bataville à Moussey en Moselle

© JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

"C'est le début d'un travail qui va être long", a-t-elle annoncé, rappelant l'histoire de ce site, "pensé comme une micro société". Pas d'usine phalanstère dans le projet de NAC, mais la création d'une société coopérative d'intérêt collectif (Scic), de forme privée mais d'intérêt public. Le but est "de permettre à plein de gens différents de venir", de leur offrir "la liberté de requestionner les modèles du travail, de société",  explique Margaux Milhade. Mais pour que son année en immersion ne reste pas lettre morte, "il ne faut pas que le soufflé retombe. Il faut se donner les moyens d'accueillir des gens dès maintenant", notamment dans la "cantine", ancienne salle de bal pour les  ouvriers de Bata. Ils étaient encore 875 lorsque l'usine a fermé en 2001.

Se réapproprier dans son ensemble la cité-jardin, vendue à la découpe

Au total, il en coûterait un peu plus de 7.5 millions d'euros pour réhabiliter les lieux ainsi que la voirie, et drainer une partie du port non loin, selon le projet. "Jamais plus on ne verra grouiller 2.000 personnes à Bataville", a reconnu Gérard Kelle, maire de Réchicourt-le-château, commune limitrophe. Mais "l'oeil neuf" de l'architecte pourra peut-être lancer une nouvelle étape, estime-t-il. 
La cité-jardin Bataville en Moselle comprenant l'usine de chaussures Bata date de 1931.

La cité-jardin Bataville en Moselle comprenant l'usine de chaussures Bata date de 1931.

© JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Cela prendra tout de même quelques années, reconnaît Guy Monesse, de la  DDT. "C'est un projet très bien inscrit dans le territoire, dans les questions de développement durable, d'écologie. Mais c'est du moyen à long terme", dit-il, tablant sur un horizon de 5 à 10 ans. L'une des difficultés sera de mettre tous les différents propriétaires d'accord. En fermant les portes en 2001, Bata avait en effet vendu sa cité-jardin "à la découpe".