Prix Aga Khan d'architecture 2016 : six ouvrages primés dans le monde, de Dacca à Copenhague

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 06/11/2016 à 18H19
La mosquée Baitur Rouf de Dacca, de l'architecte Marina Tabassum, est l'un des ouvrages primés.

La mosquée Baitur Rouf de Dacca, de l'architecte Marina Tabassum, est l'un des ouvrages primés.

© Rehman Sobhan / AFP

Le Prix Aga Khan d'architecture a été formellement décerné dimanche 6 novembre à six ouvrages réalisés en Asie, en Europe et au Moyen-Orient, qui allient tradition et modernité. Un prestigieux prix qui récompense les projets qui répondent le mieux aux aspirations et aux besoins des communautés musulmanes dans le monde, selon ses organisateurs.

Décerné une fois tous les trois ans, le Prix Aga Khan pour l'architecture a été créé en 1977 pour "identifier et encourager les concepts de construction qui répondent avec succès aux besoins et aux aspirations des communautés dans lesquelles les musulmans ont une présence significative", selon le comité du prix. 

Un million de dollars à partager entre les architectes primés

Une cérémonie de remise de cette récompense, considérée comme l'une des plus prestigieuses dans le domaine de l'architecture, a été organisée au fort  Al-Jahili d'Al-Aïn, la grande oasis du désert d'Abou Dhabi, ancienne résidence des dignitaires de ce riche émirat pétrolier du Golfe.

Choisis parmi 348 projets, les six ouvrages primés, qui se partageront un million de dollars (900.000 euros), témoignent d'une grande diversité. Parmi eux figure la mosquée Baitur Rouf à Dacca (Bangladesh), conçue par une femme, Marina Tabassum, en briques de terre cuite mais sans dôme ou minaret. "Dans la salle de prière, l'architecte a créé une délicate interaction entre les murs nus en brique rouge et les ouvertures aménagées comme autant de  puits de lumière", ce qui, selon le jury, "confère à la structure une aura unique de spiritualité".

Les autres projets récompensés

Outre le Friendship Centre à Gaibandha (Bangladesh), qui accueille les formations qu'organise une ONG du même nom en collaboration avec les communautés rurales du nord du pays, le prix a été également décerné au Centre d'art et à la bibliothèque pour enfants Micro Yuan'er dans un quartier de Pékin (Chine). Un autre lauréat, Superkilen est un parc urbain dans un quartier multiethnique et socialement défavorisé à Copenhague (Danemark). "La diversité n'est pas vue comme un problème, mais plutôt comme un outil (...) qui a permis  au parc de devenir un médiateur culturel subtil pour les riverains dans ce quartier historiquement difficile", écrit le jury.
Le pont Tabiat à Téhéran (Iran).

Le pont Tabiat à Téhéran (Iran).

© Ebrahim Noroozi/AP/SIPA

Les deux autres récipiendaires du Prix Aga Khan sont : le pont Tabiat à Téhéran (Iran), qui enjambe une autoroute à fort trafic pour relier deux parcs dans une ville au tissu urbain très dense, et l'Institut Issam Fares de l'Université américaine de Beyrouth (Liban) dédié aux affaires internationales et construit autour du concept d'un "croisement de routes et plateformes".
L'Institut Issam Fares de l'Université américaine de Beyrouth (Liban). 

L'Institut Issam Fares de l'Université américaine de Beyrouth (Liban). 

© Hassan Ammar/AP/SIPA

Le monde musulman concerné par le concours

Depuis sa création, le Prix a récompensé pas moins de 116 projets. Karim Aga Khan IV, 79 ans, est le chef spirituel des ismaéliens nizârites, un mouvement musulman. Richissime homme d'affaires, il finance de nombreux projets culturels, sociaux, éducatifs et sanitaires à travers le monde musulman.

Il était présent à la cérémonie de remise du prix à Al-Aïn, à laquelle ont assisté de hauts responsables des Emirats arabes unis, dont le vice-président  et Premier ministre, cheikh Mohammed ben Rached Al-Maktoum, souverain de Dubaï.