Mort de l'urbaniste Albert Speer, fils de l'architecte et ministre d'Hitler

Par @Culturebox
Mis à jour le 17/09/2017 à 16H20, publié le 17/09/2017 à 14H19
Albert Speer architecte, urbaniste et professeur d'architecture ici en 2002.

Albert Speer architecte, urbaniste et professeur d'architecture ici en 2002.

© CARO FOTOS/SIPA

Albert Speer, fils de architecte officiel du régime nazi, ministre de l'armement et proche d'Hitler, est mort vendredi 15 septembre à l'âge de 83 ans à Francfort. Architecte lui aussi, et également urbaniste, il était le promoteur d'un urbanisme "à l'échelle humaine" opposé à celui de son père.

Né en 1934 à Berlin, Albert Speer est mort des suites d'une opération chirurgicale après une chute, selon le journal Der Bild.

Architecte aux antipodes de son père

Architecte comme son père, héritier même d'une lignée d'architectes, car son grand-père Albert Friedrich Speer également et son arrière-grand-père furent architectes. Aîné d'une fratrie de six enfants (parmi lesquels Hilde Schramm, qui a été l'un des chefs de file des Verts en Allemagne, très investie dans l'aide aux victimes de l'antisémitisme et du nazisme, et la photographe Margret Nissen), Speer a émergé de l'ombre paternelle par son travail qui l'a amené à concevoir de nombreux projets urbanistiques en Europe, en Afrique ou en Asie. 

Il a créé sont cabinet d'architecte en 1964 et s'est constitué une solide réputation. Il a notamment conçu les plans du siège de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort, ceux d'un ministère en Arabie saoudite, ainsi que plusieurs stades de football et la rénovation d'un quartier de Shanghai.

Son style, fait de finesse et de légèreté, est aux antipodes de celui de son père, celui d'une architecture colossale satisfaisant aux goûts d'Adolf Hitler. "Je considère les constructions au-delà de 400 mètres de hauteur comme absolument folles. De tels immeubles sont inefficaces et superflus", avait-il déclaré en 2010 au Süddeutsche Zeitung.

Fils d'un très proche d'Hitler

Son père Albert Speer avait adhéré au parti national-socialiste en 1931. Concepteur notamment de la chancellerie et du stade de Nuremberg où les Nazis organisaient leur grand-messes, il était un proche d'Adolf Hitler. Ministre de l'Armement à partir de 1942, il avait été condamné par le tribunal de Nuremberg à 20 ans d'emprisonnement. Libéré en 1966, il avait reconnu une part de responsabilité dans les crimes nazis.