Le social au centre de la biennale d’architecture de Venise

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 28/08/2012 à 12H00
Le pavillon Chinois de la Biennale d'architecture de Venise (26 août 2012)

Le pavillon Chinois de la Biennale d'architecture de Venise (26 août 2012)

© Tiziana Fabi / AFP

La question sociale est très présente dans les propositions présentées à la 13e édition de la Biennale de Venise d’architecture. Les dilemmes de la cité contemporaine : immeubles occupés, reconstruction rapide après catastrophe ou expansion des quartiers défavorisés ont inspiré la majorité des projets exposés à la Biennale, qui ouvre ses portes mercredi

« Common Ground » (terrain commun) est d’ailleurs le thème choisi par le Britannique David Chipperfield, chargé cette année de la direction générale de la manifestation.

Tandis que sont projetés les noms de centaines d'architectes sur le pavement d'une salle toute sombre, l'une des plus suggestives de l'Arsenal, on peut voir sur une dizaine d'écrans les espaces collectifs qu’on va désormais habiter: des places, des terminaux, des parcs du monde entier, d'Asie ou d'Amérique latine, des lieux situés dans des centres historiques d'Europe comme dans des quartiers périphériques et marginaux.

L'architecte britannique Norman Foster a voulu ainsi rendre hommage à des générations entières d'architectes, de dessinateurs, de paysagistes et de critiques.

Projet "Un logement pour tous" au pavillon japonais de la Biennale d'architecture

Projet "Un logement pour tous" au pavillon japonais de la Biennale d'architecture

© Tiziana Fabi / AFP
 

Les Espagnols réfléchissent sur la bulle immobilière
Sur les plus de 3000 m2 de l’Arsenal, la crise économique occupe les esprits. Sous le titre « Spain Mon Amour », quinze étudiants espagnols en architecture, vêtus de blanc, emblème du chômage qui touche particulièrement leur pays, montrent, dans une "performance" théâtrale, quinze projets de travaux publics réalisés dans les années de la bulle immobilière. Ils invitent ainsi à penser l'avenir d'une nouvelle façon.

Parmi la centaine d'architectes invités, au milieu des espaces silencieux de l'Arsenal, le collectif de différentes nationalités "Urban Think Tank"  suscite le débat en reconstruisant avec du matériel rustique un restaurant pauvre typique du Venezuela, avec vente de bière et d'arepas, traditionnels pains de farine aux oeufs, au son de la salsa.

L’idée n'est pas du goût de la commissaire du pavillon vénézuélien, Adreina Agusti. "C'est une idée intéressante mais qui déforme la réalité, parce que c'est une vision réductrice", commente-t-elle. Le pavillon officiel du Venezuela présente des projets de maisons populaires du gouvernement de Hugo Chavez.

Une "favela verticale" au Venezuela
Une autre oeuvre du même collectif, la "favela verticale", évoque l'occupation de la Torre de David (Tour de David) à Caracas : laissée à l’abandon par un groupe bancaire, elle a été investie par une communauté pleine de vie, qui l'a  transformée en un squatt très créatif, une sorte de cité verticale.

Surprenants aussi le projet de reconstruction du Japonais Kazuyo Sejima après le tsunami de mars 2011 et celui de reconstruction "en cent jours" du Chilien Alejandro Aravena après le séisme de 2010 dans son pays.

Les maquettes, plans et installations, certaines spectaculaires comme  l'énorme fleur en aluminium de l'architecte star irako-britannique Zaha Hadid, veulent montrer que le respect de la  différence unit et que le passé a valeur d'enseignement.

La Biennale d’architecture a lieu jusqu'au 25 novembre et présente au total 66 projets. 55 pays y participent, dont plusieurs nouveaux venus : le Pérou, l'Angola, le Kosovo et le Koweit.