Le Corbusier fasciste ? La fondation appelle à une approche sereine

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 22/05/2015 à 20H16
Le Corbusier en 1961

Le Corbusier en 1961

© AFP

La Fondation Le Corbusier "s'élève contre" les attaques portées contre l'oeuvre de l'architecte, dans un communiqué publié vendredi à Paris, et appelle, après la controverse sur ses engagements politiques de l'entre-deux-guerres, "à une approche sereine et scientifique" de cette époque.

Une polémique s'est développée à la suite de la parution de trois ouvrages accusant Le Corbusier d'antisémitisme, de "fascisme militant" et d'avoir  entretenu des liens avec le régime de Vichy.
              
La fondation appelle, "loin des titres fracassants et des propos simplificateurs", "à une approche sereine et scientifique d'une période particulièrement complexe". Condamner l'oeuvre de ce grand architecte "sur la base de présupposés idéologiques et sans démonstration rigoureuse", fait valoir la fondation, "est pour le moins hasardeux".
 
Selon elle, c'est aussi "faire fi des dizaines de milliers de personnes qui, dans onze pays, sur quatre continents, vivent et travaillent dans des bâtiments construits par Le Corbusier".   

Un colloque en 2016

La fondation souligne aussi que "les documents écrits par Le Corbusier et mobilisés contre lui aujourd'hui ont été publiés ou mis à disposition par ses soins". Toutefois, elle "considère que maintenir vivant son héritage ne doit pas conduire à sous-estimer ou marquer certains traits de caractère ou certains comportements" de l'architecte.
              
Elle rappelle qu'un colloque organisé en partenariat avec le Centre Pompidou en 2016 sera consacré à la pensée de l'architecte et à son contexte historique pendant les années 1930 et la Seconde Guerre mondiale.
              
Récemment parus, les ouvrages de Xavier de Jarcy ("Le Corbusier, un fascisme français"), Marc Perelman ("Une froide vision du monde") et François Chaslin ("Un Corbusier") montrent que l'architecte fréquente dès les années 1920 des cercles fascistes à Paris. Il devient proche du Dr Pierre Winter, leader du Parti fasciste révolutionnaire, avec lequel il crée la revue Plans, et de l'ingénieur François de Pierrefeu, avec qui il lancera le journal  Prélude.