La vie reprend lentement à la Cité Radieuse à Marseille

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 10/02/2012 à 08H28
  • La Cité radieuse à Marseille en 2002
  • Incendie maîtrisé à la Cité radieuse à Marseille, le 10/02/2012
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  • La Cité radieuse à Marseille en 2002
    La Cité radieuse à Marseille en 2002 © G.Julien. AFP
  • Incendie maîtrisé à la Cité radieuse à Marseille, le 10/02/2012
    Incendie maîtrisé à la Cité radieuse à Marseille, le 10/02/2012 © A.C.Poujoulat. AFP

Les habitants de la "Cité radieuse" ont commencé à réintégrer leurs logements après l'incendie du 9 février. Mais un tiers du monument historique, abîmé par le feu, est pour l'heure encore inhabitable. Des milliers de visiteurs (de 15 à 20.000 personnes en 2011), venus du monde entier, s'y aventurent chaque année et, à l'occasion de ses 60 ans en octobre 2012, un appartement témoin devait être ouvert au public. Un projet qui risque d'être retardé après l'incendie.

Beaucoup d'habitants y apprécient "la vie communautaire" du lieu, favorisée par les espaces collectifs (outre l'école maternelle, les commerces et l'hôtel-restaurant): salle de projection, expositions, concerts, gymnase sur le toit-terrasse... Ce bâtiment, c'est d'abord de la poésie", souffle Katia Imbernon, inconditionnelle de ce "village vertical" où elle a ouvert en 2001 une librairie spécialisée en architecture.

Un chauffage d'appoint à l'origine de l'incendie
Un chauffage d'appoint, laissé en marche dans un appartement par l'occupant des lieux qui s'était absenté, serait à l'origine de l'incendie, ont indiqué des sources proches de l'enquête. Les 337 appartements avaient dû être évacués, le sinistre menaçant de s'étendre via les gaines maillant le bâtiment. Au total, 8 logements et 4 chambres de l'hôtel intégré dans l'immeuble ont été détruits par le feu. 35 autres ont été sérieusement endommagés par les fumées ou l'action des secours. La façade de la Cité radieuse, dont la réfection venait de s'achever après deux ans de travaux, conserve les traces de l'incendie: des baies vitrées éclatées et une traînée noire indiquant la zone du feu. L'eau lancée par les pompiers avait gelé par endroits, rendant les escaliers dangereux d'accès.

La nature de la construction a rendu difficile la maîtrise de l'incendie
Le feu est parti d'un duplex du premier étage, et s'est propagé à l'appartement de l'étage supérieur, du fait "du fort potentiel calorifique présent (plancher, murs et mobilier de bois)", ont expliqué les marins-pompiers. "Le problème ce sont les gaz issus de matières combustibles qui ne brûlent pas, et qui se propagent" dans les gaines, avait indiqué sur place José Allegrini, adjoint au maire en charge de la sécurité. "Quand ils saturent un espace, ils s'enflamment."

La "Cité du fada" construite pas Le Corbusier en 1952
Inspirée des paquebots chers à l'architecte Charles-Édouard Jeanneret, dit Le Corbusier, la Cité radieuse abrite 1.500 personnes. Inaugurée en 1952, cette Cité est située dans le sud de Marseille. Cette barre sur pilotis en béton se présente comme un "village vertical" (neuf étages, 56 m de haut sur 137 m de long et 24 m de large), avec commerces, hôtel, équipements collectifs (école maternelle, gymnase). Baptisée "unité d'habitation", elle compte 337 appartements en duplex reliés par des "rues intérieures". Elle est surmontée d'un toit-terrasse aménagé, occupé par une cour de récréation, un gymnase, une piste d'athlétisme, une petite piscine.

La Cité radieuse à Marseille (archives, 2011)

La Cité radieuse à Marseille (archives, 2011)

© Gardel Bertrand / Hemis.fr / AFP

L'idée de Le Corbusier était d'imaginer des villes nouvelles de qualité : en augmentant le volume des immeubles d'habitation, en doublant leur longueur et leur largeur, on libérerait de l'espace pour les jardins. Et en prévoyant des équipements collectifs, on oeuvrait à l'épanouissement social.

Loin de sa vocation sociale, la Cité radieuse a été vendue par l'Etat en copropriété et abrite une population plutôt aisée. Surnommée la "Cité du fada", symbole de l'architecture moderne des années 50, cette cathédrale de béton brut de 50.000 tonnes montée sur 17 portiques a été classée monument historique en 1995.

Elle avait déjà connu un incendie en septembre 2004, qui avait détruit un appartement et endommagé un second, sans faire de victime.