La Philharmonie de Paris : Jean Nouvel veut "faire valoir ses droits"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 19/06/2015 à 08H53
L'architecte Jean Nouvel, juin 2014 à Paris

L'architecte Jean Nouvel, juin 2014 à Paris

© ERIC FEFERBERG / AFP

Jean Nouvel, qui avait boycotté l'inauguration de la Philharmonie à la mi-janvier 2015, a demandé jeudi qu'on lui "permette de corriger le bâtiment pour qu'il soit digne" et s'est dit déterminé à "faire valoir ses droits" d'architecte sur ce projet ambitieux dont il a été écarté.

Jean Nouvel avait saisi le tribunal de grande instance de Paris estimant que la Philharmonie a modifié sans son accord des éléments structurants de son oeuvre, notamment l'enveloppe générale du bâtiment, les foyers de la salle de concert et la volumétrie générale de celle-ci. Il demandait que la justice ordonne à la Philharmonie les travaux nécessaires à la remise en état du bâtiment, situé dans le XIXe arrondissement de Paris, tel qu'il l'a conçu. Débouté en avril 2015 par le TGI, l'architecte a affirmé lors d'une conférence de presse que "si on lui permet de corriger le bâtiment pour qu'il soit digne, il n'irait pas au bout" de la procédure judiciaire engagée. "Il ne faut pas croire que je renie ce bâtiment à 100 %", a-t-il lancé, jugeant cependant que le "Centre Pompidou de la musique n'est pas encore là".
Le prix Pritzker 2008 a précisé que, selon ses avocats, il pouvait être considéré désormais comme évincé du projet et donc libre de s'exprimer. Un feu vert dont il a profité pour attaquer l'association en charge du chantier et son président Laurent Bayle, les "pleins pouvoirs" donnés, selon lui, au groupe Bouygues, l'omniprésence des ingénieurs et la frilosité du personnel politique. 
Maquette de La Philarmonie, vue intérieure

Maquette de La Philarmonie, vue intérieure

© DR
"Le ministre de la Culture ne défend pas le droit d'auteur des architectes", a-t-il dit. Il a vivement contesté une dérive du budget du complexe musical, passé de 200 millions d'euros en 2006 à 386 millions en 2014. "On connaît le coût d'une philharmonie, le prix au fauteuil (autour de 100.000 euros). Ce qui  coûte cher, c'est le programme qui a fait évoluer la typologie des salles de concert". "S'il y a quelque chose de mégalo, c'est le programme", a-t-il martelé.

"Ce n'est pas un bâtiment high tech, il n'y a aucune prouesse technique", s'est également défendu Jean Nouvel, en réponse à ceux qui ont dénoncé la complexité du chantier. L'architecte n'a pas hésité à parler d'"époque de sabotage" à partir de fin 2013, "par non respect des plans et par accélération" du chantier.