La mairie de Sevran recouverte de graphs

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 19/11/2011 à 16H11
La façade de la mairie de Sevran, le 19 novembre 2011.

La façade de la mairie de Sevran, le 19 novembre 2011.

© Anne-Sophie Morel / AFP

Les habitants de Sevran ont découvert samedi une Marianne colorée dessinée sur tout un pan de la Mairie, ainsi qu'un grand drapeau tricolore composé de 600 noms de résidents de cette ville de Seine-Saint-Denis. Un projet réalisé par cinq grapheurs avec l'aval du maire Stéphane Gatignon.

L'objectif : changer l'image de la ville
Le but "était d'offrir un lieu institutionnel symbolique à un collectif d'artistes sevranais afin de les laisser s'exprimer librement sur les murs mêmes de l'hôtel de ville", a expliqué le maire (Europe Ecologie Les Verts), soulignant que "l'art est fait pour provoquer des choses".

"Il fallait rectifier le tir, changer l'image de la ville et oublier les images de violences" a expliqué de son côté Manu, 23 ans, un des cinq grapheurs initiateurs du projet. "C'est énorme d'avoir pu grapher sur la mairie, un bâtiment officiel. Et en plus, la surface du préfabriqué était intéressante", a-t-il insisté.

La mairie de Sevran est en partie installée depuis 40 ans dans un bâtiment en préfabriqué. Ce bâtiment devrait être détruit dans "un ou deux ans" lorsque la mairie entrera dans de nouveaux locaux, en construction aujourd'hui.

La genèse d'un projet original qui mise sur l'expression artistique
En juin dernier, le maire de la ville, Stéphane Gatignon, en avait appelé aux Casques bleus pour rétablir la sécurité dans sa commune. L'artiste grapheur Erdeurien avait alors interpellé l'édile sur la nécessité de changer l'image de Sevran.

"Dans le nouveau monde, la question de l'art, de la culture et du sport est fondamentale" et "on peut dire qu'un petit bout a commencé ici aujourd'hui, avant que petit à petit ça se fasse partout en France", a espéré Stéphane Gatignon.

Pour le maire de Sevran, "la création est dans ces territoires urbains où le monde entier se retrouve" et "il faut permettre à cette création artistique d'exploser si on veut donner un sens politique à ce nouveau monde".

Stéphane Gatignon se distingue régulièrement par ses idées originales. Il est également l'auteur du livre "Pour en finir avec les dealers", paru en avril 2011, qui plaide pour la légalisation du cannabis afin de lutter contre le trafic et les dérives mafieuses, qui selon lui engendrent la violence et empoisonnent sa cité.