La Comédie de Saint-Étienne s'offre une nouvelle jeunesse

Par @Culturebox
Mis à jour le 18/09/2017 à 17H29, publié le 18/09/2017 à 10H36
La Comédie de Saint-Étienne (14 septembre 2017)

La Comédie de Saint-Étienne (14 septembre 2017)

© Romain Lafabrègue / AFP

Nef à l'architecture métallique, chaleureux rouge toscan et de l'espace à gogo : la Comédie de Saint-Étienne, à l'étroit dans son bâtiment historique, s'offre une nouvelle "ruche" artistique de 8.000 m2 sur le site d'une ancienne usine magnifiquement réhabilitée.

Peu de théâtres ont la chance de faire peau neuve : la Comédie de Saint-Étienne, dans la Loire, fondée en 1947 par Jean Dasté, et qui fut il y a 70 ans pionnière de la décentralisation théâtrale, est aujourd'hui le seul Centre dramatique national (CDN) en France à bénéficier d'une reconstruction complète. Avec une salle de spectacle de 700 places au vaste plateau de 400 m2, une salle transformable de 300 places, deux grands studios pour les élèves et une spacieuse salle de répétition, "cela va être une +ruche de création+", s'enthousiasme le metteur en scène Arnaud Meunier, directeur de la Comédie depuis 2011.

L'ancien bâtiment, en centre ville, "était inadapté aux créations contemporaines, vétuste - il pleuvait sur la scène ! - et ne répondait plus aux normes d'accessibilité ni à nos missions", explique à l'AFP le patron de la Comédie, à la fois CDN, École supérieure d'art dramatique et classe préparatoire aux concours des douze écoles supérieures de théâtre.

Une pépinière du spectacle vivant

Le site historique deviendra une pépinière du spectacle vivant pour compagnies émergentes et amateurs. "Désormais, la ville possède un des équipements les plus performants de France au service de la création et de la transmission. Cela va propulser Saint-Étienne dans le Top 5 des Centres dramatiques", se réjouit le quadragénaire, ancien élève de Sciences Po Bordeaux, sa ville natale.

"Nous sommes le Centre dramatique qui monte le plus d'auteurs vivants", relève-t-il, comme l'Italien Stefano Massini ("Chapitres de la chute, saga des Lehman Brothers" ou "Je crois en un seul dieu", avec Rachida Brakni).
L'intérieur du site (14 septembre 2017)

L'intérieur du site (14 septembre 2017)

© Romain Lafabrègue / AFP
Après trois ans de travaux, la saison débute le 19 septembre par trois semaines de spectacles gratuits, avec la performance "Floe" en ville et, sur scène, des créations réunissant professionnels, amateurs, collégiens et lycéens. Une centaine de jeunes participent ainsi au projet "Et maintenant ?", avec cinq créations, dont celle de François Bégaudeau ("Nous sommes plus grands que notre temps") ou Riad Gahmi et Cécile Vernet ("Les 3 singes").

Inauguration officielle le 3 octobre

L'inauguration officielle aura lieu le 3 octobre. Située à deux pas du Zénith, la Comédie a investi une ancienne usine de machines outils destinées aux mines surnommée "La Stéphanoise". Les ponts roulants rénovés, comme l'ossature visible des vieilles charpentes, donnent une âme à l'ensemble.

S'y adosse un sobre bâtiment neuf abritant la salle de 700 places, dont la cage de scène blanche s'illuminera comme un phare, les soirs de représentation. Un parking jouxte la Comédie qui abrite également un restaurant. Coût de l'opération, inscrite au contrat de projet signé entre l'État et la Région : 30 millions d'euros - "le prix de quatre kilomètres d'autoroute", sourit Arnaud Meunier -, répartis entre l'État, la Ville, la Région, le département et l'Établissement public d'aménagement de Saint-Étienne (Epase). "L'enveloppe budgétaire a été respectée. Une prouesse !"

"Notre mission, c'est d'être à la fois dans l'hyper proche et l'hyper lointain", explique-t-il. La Comédie mène de nombreux projets en direction des jeunes et moins jeunes stéphanois, mais exporte aussi ses spectacles au bout du monde. "Les ventes de nos spectacles nous amènent beaucoup plus de recettes que la billetterie".

Prix moyen d'une place, 10 euros, dans une ville à forte mixité sociale

Le prix moyen de la place est de 10 euros dans cette ville à la forte mixité sociale, reflétée par le public de la Comédie. "Nos recettes propres sont passées de 18% à 30% depuis 2011", souligne Marie-Laure Lecourt, secrétaire générale de la Comédie.

La nouvelle Comédie "va doper l'international", estime son directeur. "Nous montons ainsi en février, en partenariat avec le Cal Arts de Los Angeles, la pièce d'une jeune Afro-américaine, Aleshea Harris". Intitulée "Fore !", elle ira ensuite au Théâtre de la Ville à Paris puis à Bruxelles et Nice.
Comédie de Saint-Étienne - présentation de la saison 2017-2018