L'Ecole des Beaux-Arts de Paris fête ses 200 ans, entre rénovation et tradition

Par @Culturebox
Mis à jour le 24/01/2017 à 10H39, publié le 22/01/2017 à 11H13
L'Amphithéâtre de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris, coeur historique des lieux, et sa fresque murale de 75 personnages.

L'Amphithéâtre de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris, coeur historique des lieux, et sa fresque murale de 75 personnages.

© HOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

L'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris fête cette année ses 200 ans d’existence. En vue de ce bicentenaire, un grand chantier de rénovation a été lancé voilà trois ans. En partie achevé, il va permettre au public de découvrir les lieux : un musée devrait ouvrir ses portes courant 2017. Pour les plus impatients, voici un avant-goût des merveilles qui se cachent rue Bonaparte.

Se promener dans l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, rue Bonaparte dans le 6e arrondissement, c’est cheminer dans l’histoire de l’art et de l’architecture. Répartis sur plus de deux hectares, les bâtiments s'échelonnent du XVIIe au XXe siècle.
 
En janvier 1817, sur arrêté royal, l’Ecole ouvrait officiellement ses portes au cœur de Saint-Germain-des-Prés. A l’époque, elle a pris place dans ce qui était jusqu’alors le Musée des Monuments français, lui-même installé en partie dans l’église des Petits Augustins (élevée au début du XIIe). De nouveaux locaux furent ensuite construits, d’autres rénovés.  
 
Mais jusqu’à présent, ce patrimoine architectural, artistique et historique restait fermé au grand public. Courant 2017, les choses vont changer avec un parcours "sur les traces des élèves d’autrefois".
La salle Melpomène - Ecole Beaux-Arts Paris

La salle Melpomène - Ecole Beaux-Arts Paris

© PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Un patrimoine à valoriser

Un parcours qui passe par la salle Melpomène : elle doit son nom à une sculpture représentant la déesse de la tragédie, Melpomène. Cette grande salle, qui accueille les travaux des étudiants mais aussi des expos temporaires, est surplombée par 12 immenses copies d’œuvres de Michel-Ange qui ont été restaurées.
 
Autre pièce maitresse du parcours : l’amphithéâtre d’honneur, considéré comme le "cœur historique" de l’école. A l'origine, il était destiné à la remise annuelle des prix aux lauréats du Grand Prix de Rome. A partir de 1864, s'y tiennent les leçons théoriques des enseignants. Sur ses murs courbes, une immense fresque murale (qui a été rafraîchie) signée Paul Delaroche, où trônent 75 personnages grandeur nature. Ils représentent les périodes et les académies de la Grèce antique au XIXe siècle.
Un détail de la fresque "Le Génie des arts entouré des artistes de tous les temps distribuant des couronnes [couronnant les lauréats du Grand Prix]" de Paul Delaroche (peinte entre 1836 et 1841).

Un détail de la fresque "Le Génie des arts entouré des artistes de tous les temps distribuant des couronnes [couronnant les lauréats du Grand Prix]" de Paul Delaroche (peinte entre 1836 et 1841).

© France 2 Culturebox
La salle au parquet marqueté et aux banquettes de velours grenat a quant à elle été modernisée (écran rétractable, internet haut débit, vidéoprojecteur et éclairages intelligents).

Reportage : N. Hayter / E. Martin / O. Darmostoupe / A. Da Silva

Retour d'un chef d'oeuvre

C’est dans ce grand ampithéâtre que va revenir s’installer un chef-d’œuvre : "Romulus vainqueur d’Acron", un tableau peint par Jean-Dominique Ingres (qui fut professeur à l’Ecole) en 1812, sur commande de Napoléon Ier. Le jeune Ingres était alors pensionnaire à l’Académie de France à la Villa Médicis à Rome. Le tableau fut abandonné au pape à la chute de l’Empire. À la mort d’Ingres (1867), Pie IX autorisa le prêt à l’exposition présentée en hommage au maître dans les salles de l’École, puis donna à la France le tableau, qui fut affecté à l’École des Beaux-Arts.Transférée au Louvre en 1969 pour raison de sécurité, cette toile a mobilisé deux équipes de restaurateurs pendant plusieurs mois.
 
"Romulus vainqueur d’Acron", un tableau de Jean-Dominique Ingres.

"Romulus vainqueur d’Acron", un tableau de Jean-Dominique Ingres.

© France 2 Culturebox

La bibliothèque de l’Ecole a elle aussi bénéficié de travaux de modernisation. C’est l’une des plus grandes en France en matière d’art contemporain : pas moins de 65 000 ouvrages auxquels il faut rajouter 2 000 documents sonores et autant de vidéos.

1817-2017 : 200 ans, ça se fête !

Pour marquer ce 200e anniversaire, de nombreux événements vont ponctuer l’année 2017. Le premier d’entre eux sera une grande exposition consacrée à une figure emblématique de l’Ecole, Jean-Dominique Ingres. Intitulée "Ingres et ses élèves", elle rassemblera plus de cinquante feuilles du maître et de ses  "ingristes" (dont seize de la main de Ingres), issues de la collection des Beaux-Arts de Paris. L’exposition sera installée au Cabinet des dessins Jean Bonna du 26 janvier au 29 avril 2017.

Courant janvier, les façades du quai Malaquai, totalement restaurées et nettoyées, seront également mises en lumière
 
D’autres rendez-vous (colloques et expositions) sont prévus jusqu’à la fin de l’année, à retrouver ici.

l'Ecole des Beaux-Arts en chiffres

La collection : 
elle comporte près de 400 000 œuvres, dont 2000 peintures 20 000 dessins, 200 000 estampes, 70 000 photographies, ainsi que 66 000 manuscrits, incunables, livres anciens ou précieux et des milliers de médailles, objets d’art, sculptures, pièces anatomiques

L'enseignement :
60 professeurs permanents (théoriciens, artistes, techniciens)
35 ateliers de pratiques artistiques
585 étudiants inscrits en 2015-2016 dont 12 doctorants, et 54% de femmes, sur les 5 années de formation. 85% d’élèves français, 15% d’élèves étrangers.