Courcouronnes : l'immeuble de l'architecte Chemetov sera bien démoli

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 17/10/2013 à 08H46
L'immeuble d'habitation créé par l'architecte russe Paul Chemetov à Courcouronnes.

L'immeuble d'habitation créé par l'architecte russe Paul Chemetov à Courcouronnes.

© JULIE CHABANAS / AFP

L'architecte français Paul Chemetov, concepteur de l'hôtel des finances de Bercy, ne pourra s'opposer à la démolition de son immeuble construit en 1984 à Courcouronnes (Essonne), dans le cadre d'un projet de rénovation urbaine, selon un arrêt de la cour d'appel de Paris rendu public mercredi.

Entre l'oeuvre de l'architecte, inscrite selon lui au "patrimoine du XXe siècle" et l'intérêt général d'un projet de rénovation dans un quartier sensible d'une commune populaire, la justice a tranché. "Le projet de démolition répond à un motif légitime d'intérêt général proportionné au droit moral de l'architecte et ne procède pas d'un abus de droit du propriétaire ou d'un comportement fautif", selon l'arrêt de la 5e chambre civile communiqué par une source proche du dossier.

Un éco-quartier de 850 logements en projet

Cette décision vient confirmer le jugement du tribunal de grande instance de Paris du 13 juin, qui avait débouté M. Chemetov de sa demande "au nom du droit d'auteur". Le projet de démolition de cet immeuble s'inscrit dans le cadre d'un projet d'aménagement d'un éco-quartier de 850 logements, validé en 2009 par l'agence nationale de rénovation urbaine et porté par la communauté d'agglomération d'Evry-Centre-Essonne (CAECE).

A Courcouronnes, à 30 km de Paris, l'esthétisme et la fonctionnalité de cet imposant immeuble en L divisent les habitants du quartier sensible du Canal en proie aux incivilités et au trafic de stupéfiants. C'est "un mur-écran dans le paysage" avait estimé le maire UMP de cette ville Stéphane Beaudet. L'immeuble en équerre, bâti sur de lourds piliers rappelant ceux de Bercy et aujourd'hui quasiment vidé de ses habitants, fait face à l'hôpital Louise-Michel, vide, dont les services ont été transférés en 2012.

Les travaux de démolition commenceront en février

"C'est une vraie bonne nouvelle pour tous les projets urbains qui sont en cours en France", a expliqué le maire, regrettant "la stratégie d'image" conduite par l'architecte car l'appel n'était pas suspensif du permis de démolition. "J'espère qu'elle prend fin aujourd'hui", a ajouté l'élu. "Paul Chemetov s'est battu non pas par narcissisme pour défendre son projet, mais pour défendre une oeuvre habitée", avait martelé au cours de la procédure son avocat Me Michel Huet.

Ni Paul Chemetov, ni la CAECE n'ont souhaité faire de commentaires dans l'immédiat.