Chemetov contre la démolition d'un bâtiment qu'il a construit à Courcouronnes

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 15/04/2013 à 12H28
L'immeuble d'habitation créé par l'architecte russe Paul Chemetov à Courcouronnes.

L'immeuble d'habitation créé par l'architecte russe Paul Chemetov à Courcouronnes.

© JULIE CHABANAS / AFP

Le ministre de la Ville François Lamy a apporté lundi son soutien aux élus locaux favorables à la démolition d'un bâtiment de logements sociaux construit à Courcouronnes (Essonne) en 1983 par l'architecte Paul Chemetov qui s'oppose devant la justice à sa destruction.

"Le bâtiment n'est plus à sa place", a déclaré le ministre venu rencontrer des élus locaux et des commerçants de ce quartier qui doit faire l'objet d'une rénovation urbaine. Opposé à la démolition de ce bâtiment et déplorant une volonté de faire "table rase du patrimoine du XXe siècle", l'architecte qui a réalisé le ministère de l'Economie et des Finances a déposé un référé devant la justice au nom de la "propriété intellectuelle" et du "droit d'auteur". Le tribunal de grande instance de Paris doit rendre sa décision jeudi.

"Un immeuble appartient à ses habitants"

"Je pense que c'est une bataille d'arrière-garde qui ne se justifie pas, a commenté François Lamy. Un immeuble n'appartient pas à son architecte. Ce n'est pas une sculpture, c'est un produit qui vit". "Un immeuble, ça appartient après sa construction à ses habitants, à sa  ville et à son environnement et là il se trouve que ce bâtiment n'est pas classé, n'est pas labellisé et il ne sera pas classé, il ne sera pas  labellisé", a affirmé le ministre, ex-élu du département, soulignant le caractère "exemplaire" de cette opération de rénovation urbaine.

"Je ne suis pas contre l'architecte (...) Je ne suis pas en bataille contre l'architecte", a assuré le ministre de la Ville. Le permis de démolir de ce bâtiment de 82 logements, restauré il y a peu, a été accordé le 14 janvier, comme l'indique un panneau de la communauté  d'agglomération Evry Centre Essonne apposé sur l'immeuble. Il n'abrite plus aujourd'hui que deux familles.

Patrimoine architectural du XXe siècle

"Dépenser plus de 7 millions d'euros pour démolir des logements habitables alors que l'on déplore leur pénurie, c'est faire table rase du patrimoine du XXe siècle qui est le nôtre", s'était ému l'architecte, le 14  février. Cet été, plusieurs architectes de renom (Jean Nouvel, Dominique Perrault,  Rudy Ricciotti...) s'étaient insurgés contre la démolition prochaine de cet immeuble dans une pétition intitulée "Faut-il démolir le patrimoine du XXe siècle ?" A l'époque, le maire UMP de Courcouronnes Stéphane Beaudet, également  vice-président de la communauté d'agglomération Evry-Centre-Essonne, avait estimé que la pétition traduisait un "corporatisme puant".