A Venise, une Biennale d'architecture sociale et écologique

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 27/05/2016 à 09H37
L'architecte chilien Alejandro Aravena à Venise, où il dirige la Biennale (25 mai 2016)

L'architecte chilien Alejandro Aravena à Venise, où il dirige la Biennale (25 mai 2016)

© Vincenzo Pinto / AFP

Sous la direction du Chilien Alejandro Aravena, la Biennale d'architecture de Venise qui s'ouvre samedi a convoqué des projets simples et écologiques, contre l'inégalité et la pauvreté qui règnent dans le monde, loin des créations spectaculaires.

Intitulée "En direct du front", cette XVe édition de la Biennale d'architecture est dirigée par le Chilien Alejandro Aravena, victorieux cette année du prestigieux prix Pritzker, le Nobel des architectes.
 
Face à la presse, le Chilien a mis en valeur une série d'exemples positifs qui selon lui servent à "gagner la bataille" pour l'amélioration des conditions de vie des personnes, surtout les plus démunies et les exclues.
 
"On parle d'histoires qui ont eu du succès, qui méritent d'être racontées, pour lesquelles l'architecture a fait, fait ou fera une différence pour remporter ces batailles et élargir les frontières", a-t-il expliqué.
 
Pour illustrer ses propos, Alejandro Aravena, 48 ans, célèbre pour son engagement social, a invité sur la lagune 88 architectes venus de 37 pays  différents : 50 participent pour la première fois à l'évènement et 33 ont moins  de 40 ans.

Améliorer la vie des gens

Aucune contrainte d'agenda, d'âge ou de pays n'a guidé ses choix, a confié le Chilien à l'AFP, en précisant que son unique but était "d'améliorer la vie des gens".
 
Cette année, la Biennale, qui se terminera le 27 novembre, envoie un  message politique au monde, en demandant aux architectes de cibler des priorités: les sans-abri, les migrants, les paysans et les exclus. Et ce grâce à l'implication forte d'Alejandro Aravena, vainqueur du Lion  d'Argent en 2008, et premier commissaire sud-américain jamais nommé par la Biennale.
 
La plupart des projets présentés sur la Lagune ont été de fait réalisés avec du matériel simple (bois, pierre, ciment), basés sur des dessins et des plans qui illustrent à merveille le travail au quotidien, dans son bureau, de  l'architecte, notamment en terme de synthèse.
 
"Alejandro Aravena nous montre lors de cette Biennale que ces batailles peuvent être remportées", se félicite le président du rendez-vous vénitien, Paolo Baratta.

Transformer la pénurie en abondance

Parmi les invités figure le Paraguayen Solano Benítez qui, avec ses créations originales et poétiques, faites de briques en argile et visibles dans les Jardins de la Biennale, a transformé "la pénurie en abondance".
 
Le Mexicain Juan Casillas a quant à lui bénéficié de l'aide de jeunes pour construire des maisons écologiques, réalisées à partir de matériaux biodégradables, à Ciudad Juarez, l'une des cités les plus violentes au monde.
 
Une autre réalisation, une tour faite de bambous et de plastique biodégradable, destinée à recueillir l'eau de pluie, la rosée et le brouillard, illustre à merveille la nouvelle architecture, celle qui se préoccupe autant du social que de l'environnement. Intitulée "Warka Water", et inspirée d'un arbre que l'on trouve en Ethiopie, elle est l'oeuvre de l'Italien Arturo Vittori, du cabinet Architecture and Vision.
 
Les architectes stars ne manquent pas non plus, et il sera possible d'admirer durant cette édition les projets des Britanniques Norman Forster et  Richard Rogers, de la Japonaise Kazuyo Sejima, sans oublier l'Italien Renzo Piano.

Les Espagnols transforment les bâtiments abandonnés

Mais la Biennale, ce sont aussi les pavillons nationaux dispersés dans les jardins, qui rivalisent d'idées dans l'espoir d'obtenir le Lion d'Or.
 
Parmi eux, celui de l'Espagne, dont les commissaires Iñaqui Carnicero et Carlos Quintáns ont choisi de montrer comment une jeune génération d'architectes de la péninsule a réussi à répondre à la crise économique en transformant "l'inachevé", ces bâtiments abandonnés par un secteur du BTP au plus mal.
 
Quant à l'Italie, elle propose vingt projets "pour le bien commun", tandis que la Russie raconte comment des parcs d'attraction de l'ère soviétique ont été transformés en sites culturels ouverts à tous, et que les Etats-Unis  provoquent la polémique, avec douze projets spéculatifs pour Détroit, cité  symbole de l'industrie en crise.