Albert Londres : une souscription pour réhabiliter sa maison natale

Par @Culturebox Rédacteur en chef adjoint de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/04/2016 à 11H46
La maison natale d'Albert Londres à Vichy

La maison natale d'Albert Londres à Vichy

© France 3 / Culturebox

La réhabilitation de la maison natale d'Albert Londres à Vichy est en marche. Une souscription a été lancée pour redonner vie à cette bâtisse du début du 19e siècle qui a vu naître le célèbre journaliste. A terme, elle sera ouverte au public et accueillera un centre de formation et d'échange d'expériences pour les reporters.

C'est une maison avec un incroyable cachet, à l'angle de deux rues du centre historique de Vichy. C'est ici qu'est né, en 1884, le "père du Grand reportage", Albert Londres. Une plaque et une fresque en trompe-l'oeil en témoignent.

Mais à l'intérieur tout est à faire car la bâtisse est inhabitée depuis longtemps. Il va falloir remettre en état  la charpente et la toiture à qui les experts ne prédisent guère plus de quatre ans de vie. Budget de cette tranche de  travaux, qui pourrait débuter d'ici à la fin de l'année : 170 000 euros.

C'est la Fondation du Patrimoine qui receuille les fonds de la souscription . Particuliers et mécènes sont les bienvenus.

Il va falloir aussi restructurer les lieux pour les rendre habitables et visitables. En effet la maison doit, à terme être organisée en trois parties. L'une ouverte au public. Une autre abritera un centre de documentation sur Albert Londres. Enfin un Institut du Grand Reportage, véritable lieu d'échange et de formation pour les journalistes. "Plutôt que d'aller se former sur le tas comme ils peuvent, ils pourront trouver là des conseils de gens expérimentés ... ou, s'ils ont déjà un peu d'expérience de terrain ils pourront apporter ici un retour sur leur vécu", précise l'historien Bernard Cahier. 

Reportage : France 3 Auvergne : P. Franco / A. Huet / G. Malfray

Albert Londres : la référence

Il aurait pu être comptable à Lyon, son premier métier, mais la passion d'Albert Londres pour l'écriture a orienté sa vie d'une toute autre manière.

Correspondant à Paris du journal lyonnais "Le Salut public" au début du siècle dernier, c'est en tant que journaliste au "Matin" qu'il va se faire connaître par un article sur l'incendie de la cathédrale de Reims le 19 septembre 1914. Mais il a déjà des désirs de voyage. Très vite il part pour "Le Petit Journal" dans l'est de l'Europe avant d'être licencié du quotidien sur ordre de ... Clémenceau.

Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie

Albert Londres" Terre d'ébène" 1929

A la sortie de la guerre, il va parcourir le monde de la Russie soviétique au Japon et à l'Inde, décrivant chaque fois sans fard, le quotidien des populations rencontrées.

Puis il va dénoncer le bagne de Cayenne (Au bagne) et défendre la cause du forçat évadé Eugène Dieudonné; s'intéresser au sort des Françaises emmenées en Argentine pour y être prostituées (Le chemin de Buenos Aires); s'alarmer du sort fait aux travailleurs africains dans la construction de lignes de chemin de fer (Terre d'ébène); s'émouvoir du côté impitoyable du Tour de France (Les Forçats de la route et Tour de France, tour de souffrances). Autant  de récits qui ont fait d'Albert Londres une référence en matière journalistique. 

Depuis 1933, le prix Albert Londres couronne le meilleur Grand reporter de la presse écrite et depuis 31 ans le meilleur Grand Reporter de l'audiovisuel.