"Après la bataille" en compétition : mélo et lutte des classes en Egypte

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 15/05/2012 à 13H14
Film projeté en Compétition officielle.

Film projeté en Compétition officielle.

© DR

De Yousry Nasrallah (Egypte), avec : Mena Shalaby, Bassem Samra - 2h06 - Sortie : non datée

Synopsis : Mahmoud est l’un des «cavaliers de la place Tahrir» qui, le 2 février 2011, manipulés par les services du régime de Moubarak, chargent les jeunes révolutionnaires.
Tabassé, humilié, sans travail, ostracisé dans son quartier qui jouxte les Pyramides, Mahmoud et sa famille perdent pied.

C’est à ce moment qu’il fait la connaissance de Reem, une jeune égyptienne divorcée, moderne, laïque, qui travaille dans la publicité. Reem est militante révolutionnaire et vit dans les beaux quartiers. Leur rencontre transformera le cours de leurs vies.
 

Après la bataille : extrait

Chahine au petit pied
Yousry Nassralah réalise avec « Après la bataille » le premier film sur le printemps arabe en Egypte, en traitant de la deuxième phase du conflit, d’où le titre. Quelques images ont même été prises sur les lieux, quand ce ne sont pas des extraits de JT, ou vidéos amateurs. Film politique, certes, en faveur de la révolution égyptienne, le fond passe pour beaucoup par un mélo pas très fino.

L’alchimie avait formidablement pris chez Youssef Chahine, initiateur du cinéma égyptien, dans sa fresque « La Terre », où la révolution était celle de l’indépendance par rapport au Royaume uni. Ici, ne reste pratiquement que le sujet, avec un sérieux manque de mise en scène, sauf dans le dernier plan, magnifique.

"Après la bataille" de Yousry Nassralah

"Après la bataille" de Yousry Nassralah

© MK2 Diffusion

Manichéisme
Yousry Nassralah va jusqu’à se répéter, par son discours féministe, ce qui ne fait certainement pas de mal dans son pays, mais en reprenant le thème qui lui avait si bien réussi dans « Femmes du Caire ». Mais « Après la bataille » reste un film extrêmement bavard, voire hystérique dans plus d’une scène, où tout le monde hurle. Est-ce comme cela que les hommes – et les femmes - se parlent ? Peut-être, mais nous sommes au cinéma, dans une fiction, et cela s’adapte.

L’enjeu social de ce jeune père, tiraillé entre la révolution et l’emprise des riches corrompus qui cherchent à le corrompre, pris entre sa famille démunie et une jeune bourgeoise révolutionnaire, joue de beaucoup de manichéisme, même si le conflit du héros, plutôt antihéros, n’est pas si mal exposé. Une bataille sans nul doute sincère, mais mal menée.