« Amour » de Haneke en compétition à Cannes : à la folie

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 15/05/2012 à 13H53
Film projeté en Compétition officielle.

Film projeté en Compétition officielle.

© Les Films du Losange

De Michael Haneke (France), avec : Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant, William Shimell, Emmanuelle Riva - 2h06 - Sortie : 24 octobre

Synopsis : Georges et Anne sont octogénaires, ce sont des gens cultivés, professeurs de musique à la retraite. Leur fille, également musicienne, vit à l’étranger avec sa famille. Un jour, Anne est victime d’une petite attaque cérébrale. Lorsqu’elle sort de l’hôpital et revient chez elle, elle est paralysée d’un côté. L’amour qui unit ce vieux couple va être mis à rude épreuve.

"Amour" : la bande annonce

1er challenger à « De rouille et d’os »
Palme d’or 2009 avec « Le Ruban blanc », Cannes aime Michael Heneke qui le lui rend bien en y présentant tous ses films depuis « Funny Game » en 1997. Parce que « Cannes est le meilleur festival de cinéma du monde » déclare-t-il dans Le Film Français. Avec « Amour » il a réalisé le premier concurrent sérieux à « De rouille et d’os » de Jacques Audiard.

Réalisé par l’Autrichien sous bannière française, le film est né de son désir de tourner avec Jean-Louis Trintignant, alors que le choix d’Emmanuel Riva pour lui donner la réplique s’est imposé, pour créer ce vieux couple qui vacille sous l’effet de la maladie. Avec « Amour », confiné à l’espace d’un grand appartement parisien, Michael Haneke y concrétise une performance de mise en scène inédite à l’écran, tout comme celle de ses comédiens. Ils partent tous les deux plus que bien placés pour un double prix d’interprétation, tant leur jeu dépasse tout ce que l’on a pu voir jusqu’ici.

L’amour sublimé
Comment Haneke parvient à nous tenir plus de deux heures avec un homme qui s’occupe de son épouse atteinte d’une paralysie partielle relève de la pure magie. Sujet ingrat traité avec un parti pris scénique minimaliste, le film se concentre sur l’expression des sentiments avec une évolution intense. Le cinéaste a voulu projeter l’histoire de la fin d’un amour, alors que la majorité expose sa naissance. Mais cette fin est une sublimation dans la consécration absolue de l’un pour l’autre, jusqu’au sacrifice, de soi, mais aussi des autres.

Pratiquement entièrement concentré sur le couple, Trintignant-Riva, Isabelle Huppert, encore remarquable, joue leur fille, travaillée par la déliquescence de sa mère. Ce couple d’octogénaires traduit l’universalité du sentiment face à la mort, sujet que seul Michael Haneke pouvait traiter avec une telle acuité, justesse et profondeur dans une ascèse complète : terrible, grave et beau.