Festival d'Angoulême : l'auteur de la blague "faux palmarès" fait son mea culpa

Par @LaurenceHouot Journaliste, responsable de la rubrique Livres de Culturebox
Publié le 01/02/2016 à 12H38
L'animateur Richard Gaitet lors de la remise des Fauves, Angoulême 2016

L'animateur Richard Gaitet lors de la remise des Fauves, Angoulême 2016

© Joubert Renaud / MAXPPP

Le Festival avait mal commencé avec zéro femme dans la liste des nominés pour le Grand Prix. Il se termine avec un malaise, avec cette incompréhensible blague du faux palmarès, même si l'auteur de la blague s'est expliqué dans une tribune dans le Monde.fr.

"J’adresse mes excuses les plus sincères à l’ensemble de la profession à la suite de l’incroyable malentendu né, samedi soir, lors de la cérémonie de remise des prix du 43e Festival de la bande dessinée d’Angoulême", C'est ainsi que commence le mot d'excuse de Richard Gaitet publié par le monde.fr.

"Un gag bêtement potache"

"J’avais carte blanche. J’ai songé – à tort – qu’il pouvait être amusant, absurde, enfantin, d’imaginer en ouverture un canular, qui bouscule l’exercice d’une remise de prix", poursuit l'animateur de Radio Nova"

"Un gag bêtement potache, mais ni méchant, ni humiliant. Sans cruauté, sans mépris. Une plaisanterie de môme. Un tout petit jeu de mots, comme il en existe des milliards dans l’histoire de la bande dessinée", se défend-il.
 
Les éditeurs et les auteurs concernés ne l'ont pas pris comme ça, eux qui se sont réjouis à la fausse annonce de leur nomination. Certains ont dû rappeler pour s'excuser les auteurs qu'ils avaient immédiatement félicités à l'annonce des ces faux prix.

Les réactions se sont multipliées dans la journée du dimanche, dans un monde de la BD atterré, déjà bousculé avant le festival par la polémique sur la représentation des femmes dans la liste des nominés pour le grand Prix.

"Ce n’était pas du tout, mais alors pas du tout ni l’endroit ni le moment ni même l’année pour tenter un truc pareil", poursuit Richard Gaitet dans sa tribune au Monde, avant d'ajouter "Ce qui est certain, c’est que je n’ai jamais voulu me moquer des auteurs et des éditeurs".

Le "festival du n'importe quoi"

Céline Merrien, la présidente de L'Association, est consternée. "On étaient tous là dans la salle, Olivier Schrauwen, l'auteur du faux Fauve d’or du meilleur album était là aussi, il y a cru, et nous aussi. On était tous contents" raconte-t-elle. "Juste après je me suis sentie cruche de ne pas avoir compris que c'était une blague, mais c'était incompréhensible", poursuit-elle, encore abasourdie par l'incongruité de cette blague.

"Quelle idée de faire ça. Surtout après ce qui s'était passé au début du festival avec le Grand Prix. C'est d'une maladresse incroyable", poursuit-elle. "Mais bon, il paraît qu'on a pas d'humour..." (allusion à la déclaration de Franck Bondoux, le directeur du festival qui a réagi en minimisant l'événement : "Permettez-moi de rappeler  que nous étions dans le cadre d’un festival de bande dessinée qui est un art qui aime se moquer du monde mais aussi de lui-même"). Moi j'appellerais plutôt ça "un accident d'humour")..

"Il y avait de nombreux étrangers dans la salle. Cette blague, ça fait vraiment passer les Français pour des branquignols"

"Cette année c'est vraiment le Festival du n'importe-quoi", souligne-t-elle. "Le lendemain, des gens sont venus sur notre stand acheter "Arsène Schrauwen" en croyant qu'il avait vraiment eu le Fauve du meilleur album. Si au moins ça peut servir à ça...", conclut l'éditrice.

Je suis sincèrement désolé d’avoir blessé de très nombreux professionnels, qui travaillent tous très dur pour faire vivre cet art majeur que j’adore : la bande dessinée".

Pas sûr que ces excuses de Richard Gaitet suffisent à effacer le malaise.