3 Questions à Thierry Frémaux : l'interview-bilan

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 26/05/2012 à 16H44
Thierry Frémaux avec Nicole Kidman le 25 mai, avant la projection de "Hemingway & Gellhorn"

Thierry Frémaux avec Nicole Kidman le 25 mai, avant la projection de "Hemingway & Gellhorn"

© AFP

Le délégué général du Festival de Cannes Thierry Frémaux défend sa sélection à la veille de la remise de la Palme d'or dimanche soir, rappelant que "la tradition de Cannes est de présenter des oeuvres qui font débat". Quant à retrouver souvent le même carré de réalisateurs au Palmarès : "Se plaint-on quand Rafael Nadal gagne sept fois Roland-Garros ?".

- Trouvez-vous que votre sélection a tenu le choc ? 

- Oui, elle a parfaitement tenu le choc, d'autant plus qu'elle succède à ce qui est considéré comme l'une des plus belles sélections de l'histoire du Festival  (en 2011). Si on regarde le tableau des étoiles du "Film Français" et les notes attribuées par les professionnels internationaux, le classement était jusqu'à hier quasi identique. Sans parler de la sélection d'un "Certain Regard" où les films étaient acclamés à chaque projection. 

- Certains films ont été largement incompris, comme le mexicain, voire copieusement sifflés... 

- La tradition de Cannes  est de présenter des oeuvres qui font débat. Sinon à quoi bon ? Nous nous attendions à ce que le film de Carlos Reygadas ("Post Tenebras Lux") soit beaucoup moins bien accueilli. La presse n'est pas le seul élément d'appréciation de l'atmosphère du Festival  et, de surcroît, la différence d'appréciation entre la presse française et étrangère est notoire sur quelques films. Il faut une vision globale. Par ailleurs, une sélection ne peut pas totalement plaire, ni à tout le monde. Enfin, on peut aisément rappeler le nombre de films rejetés dans le passé par la presse cannoise qui ont été ensuite considérés comme des chefs d'oeuvre. La liste est éloquente, encore récemment avec "Two Lovers" de James Gray ou "A History of Violence" de David Cronenberg.

- Sandrine Bonnaire et d'autres vous reprochent de sélectionner "toujours les mêmes" en compétition. Que répondez-vous ? 

- Est-ce que le film de Sandrine Bonnaire ("J'enrage de son absence") méritait de prendre la place de Resnais, Audiard ou Carax ? De Haneke, Cronenberg ou Mungiu ? Je vous laisse répondre. Cannes  sert d'attraction et de repoussoir, selon que l'on veut instrumentaliser. C'est une tradition qui ne date pas d'hier. Que des cinéastes déjà primés se retrouvent encore au palmarès n'est pas gênant: se plaint-on quand Rafael Nadal gagne sept fois Roland-Garros ?